Une jeune fille portant un "voile" interdite de Bac blanc à Mayotte

Vendredi dernier, Hassani Soirahaïra, âgée de 17 ans, devait passer son bac blanc. Elle et d'autres camarades n'ont pas été autorisées à pénétrer dans l'établissement car elles portaient un "kishali". Devant l'enjeu de cet examen blanc, ses camarades ont obtempéré mais pas la jeune Soirahaïra. Le chef d'établissement est resté très ferme alors que la jeune fille ne comprenait pas pourquoi spécialement aujourd'hui "on touchait à sa pudeur", pourquoi aujourd'hui on lui imposait "de se mettre tête nue alors que jusqu'à présent elle s'est toujours vêtue du châle traditionnel ainsi que d'un petit foulard couvrant ses cheveux."
L'application rigoureuse de la loi
Différentes personnes ont tenté vainement de négocier avec l'établissement. "Bruno Wils, le directeur du cabinet du Vice-recteur, n'a pu que confirmer la loi du 15 mars 2004 stipulant que 'dans les écoles, les collèges et les lycées publics le port de signes ou tenues pour lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit'. Ces signes dits 'ostensibles ou ostentatoires' désignent le voile, la kippa, une croix de dimension manifestement excessive, mais la loi ne remet pas en cause le droit des élèves de porter des signes religieux discrets". L'ambiguïté concerne donc ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas, les interprétations n'étant pas les mêmes si l'on se trouve du coté de l'administration ou de la tradition mahoraise.
Une tradition mahoraise
Concernant cette loi, une liste comprenant des vêtements traditionnels qu'on ne peut assimiler à une manifestation religieuse, a été envoyée à la préfecture. "Ce courrier précise que le 'mégaline' mahorais est porté tout le long du canal de Mozambique et quelle que soit les confessions religieuses (chrétiens, musulmans, animistes)" .
Source : Albalad Mayotte n°150 du 18 février 11



