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Plaine-des-Cafres : Scène de guerre au chemin Notre-Dame de la Paix

Le tribunal correctionnel de Saint-Pierre devait juger une bagarre entre deux familles de la Plaine-des-Cafres qui s'est heureusement terminée sans drame. Les deux clans sont en conflits depuis plusieurs années et un simple hochement de tête a déclenché une nouvelle rixe armée. Face à la complexité du dossier, le jugement a été mis en délibéré.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le mercredi 13 mars 2024 à 07H03

Comme l'a rappelé ironiquement la présidente du tribunal en début d'audience, le chemin Notre-Dame de la Paix est le théâtre d'une guerre entre deux familles d'agriculteurs. D'un côté, les Lataniers* qui sont maraîchers, de l'autre les Landry* qui élèvent des bœufs. Cette dernière famille a déjà été victime d'un drame puisque l'un de leur fils est la victime de coups de couteaux mortels à Miel Vert en janvier 2020.

Le conflit entre les deux familles aurait débuté en 2017, mais la cause exacte n'est pas connue. Les Lataniers estimant que leurs rivaux sont jaloux qu'ils aient obtenu la concession d'un terrain, tout en accusant également les bœufs des Landry de détruire leurs cultures. Mais difficile de savoir le vrai du faux tant les versions changent.

La seule certitude, c'est qu'un drame a été évité de justesse le 26 juin 2020. Ce jour-là, un des Landry remonte le chemin sur ses béquilles. Deux des fils Lataniers le voient et lui font un hochement de tête en signe de provocation. Le ton monte et une bagarre éclate.

En entendant les cris, les autres membres des familles reviennent armés. Les gendarmes retrouvent une batte de baseball, une fourche, une pelle, des bouts de bois et une débroussailleuse ayant servi dans la bagarre. L'un des fils Lataniers va même foncer avec son pick-up sur ses rivaux et percuter l'un d'eux. Par miracle, il n'y a que des blessures légères.

"Ce n'est pas possible de vivre dans cette haine"

Lors de l'audience, difficile de connaître la vérité tant les dires et la mauvaise foi des deux clans obstruent toute compréhension. Le patriarche du clan Latanier va même jusqu'à raconter que l'un des Landry s'est jeté de lui-même sur la voiture qui était arrêtée. Ce dernier n'avait pas hésité à lancer à son rival à la fin de la bagarre : "Je vais envoyer quelqu'un te tuer comme j'ai fait envoyer quelqu'un tuer ton fils à Miel Vert".

"Ce n'est pas possible de vivre dans cette haine, car après ce seront les enfants et petits-enfants qui vont continuer. Cela va durer combien de temps ?", leur demande le procureur qui concède que la solution de paix ne se trouvera pas au Palais de Justice. Il requiert une peine de prison de 10 mois avec sursis pour les deux pères de famille et des peines allant de 4 à 6 mois de prison avec sursis pour les autres. Il demande également la confiscation des scellés, y compris la voiture.

Si les familles semblent irréconciliables, les deux avocats, Me Frédéric Hoarau et Me Farid Isse, étaient sur la même longueur d'onde afin de ne pas envenimer la situation. Bien que représentant chaque camp, ils se sont accordés pour demander des dommages et intérêts équivalents et ne pas demander à l'autre camp de payer les honoraires. Me Hoarau va tout de même demander de ne pas confisquer le véhicule qui est l'outil de travail de la famille.

Face à la complexité du dossier et les nombreuses peines à fixer, la présidente a préféré mettre sa décision en délibéré au 26 mars prochain.

*Noms d'emprunt

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