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Petite-Ile : Le prof d’aïkibudo qui a déclaré "avoir baissé la garde" n'a pas convaincu

Malgré des éléments troublants le mettant en cause, Alain T., 62 ans, avait tenté de convaincre la cour qu'il avait eu affaire à un adolescent très insistant qui se fichait de la différence d'âge et qu'il avait "baissé la garde". Le professeur d'art martial, mis en examen pour viol et agression sexuelle sur mineur de 15 ans, décrit par les experts comme un homme aux orientations sexuelles perverses incapables de se réinsérer sans présenter un risque de récidive, n'a pas eu gain de cause.
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 27 décembre 2023 à 08H01

En début de semaine dernière, Alain T. était assis dans le box de la chambre de l'instruction afin d’appuyer sa demande de remise en liberté. Habillé chic, cheveux poivre et sel et lunettes cerclées en métal, le sexagénaire a pris la parole qui lui a été donnée en fin d’audience pour convaincre la cour de son innocence. Mis en examen pour viol et agression sexuelle sur mineur de 15 ans de janvier à septembre 2022, le professeur d’art martial du Sud de l’île affirme que c’est l’adolescent plaignant qui a été très insistant. « Il était constant dans ses demandes et j’ai baissé la garde. Je me suis laissé faire », a lâché le suspect.

Plusieurs actes sexuels non consentis ont été révélés par cet élève d’aïkibudo de Petite-Île. Au soutien de sa plainte, le jeune aurait fourni des messages et des échanges qui prouveraient ses liens avec le mis en cause. Des photos compromettantes auraient été jointes à la procédure.

Par ailleurs, en novembre 2011, Alain T. a été condamné deux fois par le tribunal de Melun (Seine-et-Marne) pour administration de substances nuisibles à un mineur et pour agression sexuelle. Faits pour lesquels la juridiction lui avait notamment infligé la peine de deux ans de prison, dont un avec sursis probatoire, ainsi que trois ans de suivi socio-judiciaire. « Une récidive », selon le parquet général qui s’est, une nouvelle fois, opposé au placement sous surveillance électronique d’Alain T. en soulignant « son ancrage profond dans la perversité sexuelle ».

Selon les experts qui se sont penchés sur son profil psychologique, celui-ci présenterait une dangerosité criminologique ainsi que des agissements pervers. Des éléments que la défense a balayé d’un revers, plaidant la fin de l’information judiciaire et des « éléments nouveaux et objectifs » à la faveur de l’intéressé.

La cour, après en avoir délibéré, a décidé de la poursuite de l'incarcération du mis en cause.

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