Petite-Ile : Le prof d’aïkibudo profondément ancré dans la perversité sexuelle

Ce mardi, Alain T. était assis dans le box des prévenus afin d'appuyer sa demande de remise en liberté. Habillé chic, cheveux poivre et sel et lunettes cerclées en métal, le sexagénaire a pris la parole qui lui a été donnée en fin d'audience pour convaincre la cour de son innocence. Mis en examen pour viol et agression sexuelle sur mineur de 15 ans, le professeur d'art martial du Sud de l'île affirme que c'est l'adolescent qui a été très insistant. "Il était constant dans ses demandes et j'ai baissé la garde. Je me suis laissé faire", a lâché le suspect.
Toujours selon ce dernier, le jeune homme de 16 ans aurait été prévenu par le prof que son âge le gênait. "Il rigolait", persiste Alain T. inversant ainsi la culpabilité. Pourtant, de janvier à septembre 2022, cet élève d’aïkibudo de Petite-Île a dénoncé plusieurs actes sexuels non consentis. Au soutien de sa plainte, le jeune aurait fourni des messages et des échanges qui prouveraient ses liens avec le mis en cause. Des photos compromettantes auraient été jointes à la procédure.
Autre élément troublant, en novembre 2011, Alain T. a été condamné deux fois par le tribunal de Melun (Seine-et-Marne) pour administration de substances nuisibles à un mineur et pour agression sexuelle. Faits pour lesquels la juridiction lui avait notamment infligé la peine de deux ans de prison, dont un avec sursis probatoire, ainsi que trois ans de suivi socio-judiciaire. Une condamnation trop ancienne pour être signifiante selon l'avocat de l'intéressé. "Une récidive", selon le parquet général qui s'est, une nouvelle fois opposée au placement sous surveillance électronique d'Alain T. en soulignant "son ancrage profond dans la perversité sexuelle".
Selon les experts qui se sont penchés sur son profil psychologique, celui-ci présenterait une dangerosité criminologique ainsi que des agissements pervers. "Il n'est pas coupable à ses yeux", a formalisé un des spécialistes qui précise que le criminel présumé n'est pas à même de se réadapter pour l'instant dans la société "sans risque de réitération des faits". Des éléments que la défense a balayé d'un revers, plaidant la fin de l'information judiciaire et des "éléments nouveaux et objectifs" à la faveur de l'intéressé.
La cour se prononcera ce jeudi.


