Revenir à la rubrique : Politique

Cinor : L'épargne nette en hausse, la fiscalité également

Comme d'autres intercommunalités, la Cinor n'échappe pas à une hausse de la fiscalité. Une mesure entérinée ce mercredi à l'occasion du vote du budget primitif de la collectivité, chiffré à 234 millions d'euros dont 52 millions consacrés à l'investissement.
Ecrit par Samuel Irlepenne – le jeudi 6 avril 2023 à 09H43

Ce budget permettra à la collectivité de lancer les études préalables et pré-opérationnelles de ses projets Baobab au titre de la mobilité et du développement de la Plaine de Gillot pour le volet économique. Parmi les principaux marqueurs de ce budget : un taux d'épargne nette qui retrouve un peu d'air et avoisine désormais les 8,3 millions d'euros, un encours de la dette "maîtrisé" de 6,72 années bien loin des 10 années fixées par les banques, sans oublier une annuité de la dette par habitant de 476 euros contre 445 euros l'an dernier.

L'intercommunalité du Beau Pays a agi sur quelques leviers comme la taxe d'ordures ménagères (de 14,80% à 15,80%) ou la Cotisation financière des entreprises (de 23,17% à 24,33%), qui rapporteront environ 50 millions et 24,6 millions d'euros. "Nous sommes dans une conjoncture économique qui fait peser sur nos collectivités des surcoûts à tous les niveaux", a indiqué dans son avant-propos le président de la Cinor, Maurice Gironcel.

Des hausses qui restent malgré tout en deçà des taux appliqués au sein des autres intercommunalités se justifie Didier Gopal, 4e vice-président en charge de la commission des finances. L'élu sainte-marien met également en avant les "efforts" faits par la Cinor pour retrouver plus de visibilité en matière budgétaire "dont une épargne nette convenable". "Nous avons la nécessité de mettre en avant le développement économique de la région Nord car nous avons besoin de nous étendre et d'aménager, ce qui relève de notre compétence. Nous avons par ailleurs de grands défis à relever que ce soit dans le domaine de l'assainissement et de l'eau potable. Ces enjeux sont pris en compte dans notre projet de territoire qui va jusqu'à 2030. Et pour arriver à là, il faut revoir les choses", explique l'élu communautaire.
 

Si les ménages et les entreprises sont mis à contribution via la TEOM ou la CFE, la Cinor a également dû revoir sa copie concernant l'évolution des charges de personnel (26,9 millions d'euros en 2022 contre 27,8 millions en 2023). "Comparé aux autres années, où on était passé de 1 à 6% d'augmentation sur cette section, après une baisse de 4% l'an dernier, nous poursuivons nos efforts cette année avec une baisse de 3%. Il y a une volonté de maitriser nos dépenses mais il ne faut pas oublier que dans le même temps d'autres éléments extérieurs viennent compliquer la tâche comme la hausse des taux d'indice ou de main-d'oeuvre, sans oublier la subvention de 23 millions d'euros versée au Sydne, qui pèse lourd dans nos finances", poursuit-il.

Les conséquences de la signature du très controversé marché MN 48 -signé unilatéralement par la Cinor sous la présidence de Gérald Maillot- continuent de faire des ravages. Un fait qui avait été rappelé la semaine dernière lors du vote budget de la Cirest, membre du Sydne avec la Cinor, qui pour compenser l'explosion de sa contribution au syndicat mixte avait dû comme la Cinor augmenter ses taux d'imposition. ("L'héritage du Sydne pousse la Cirest à augmenter ses taxes")

Pas franchement convaincu par les éléments chiffrés présentés, Alek Laï-Kane-Cheong se dit particulièrement inquiet de la hausse de la fiscalité dans plusieurs sections, au moment même où la hausse de l'inflation continue d'impacter aussi bien les ménages que les collectivités. "Taxe d'enlèvement d'ordures ménagères y augmente, y met en place un taxe pou risque inondation (NDLR: la Gemapi), y augmente z'impôts locaux pou les entreprises...Nou viv une période d'inflation avec la hausse des produits alimentaires, du carburant et de l'électricité. Kan le président Gironcel té y di 'présidence partagée' nou néna l'impression surtout ke li partage la facture", regrette l'opposant au maire de Sainte-Suzanne et président de la Cinor.

Même avis pour Christian Annette, qui aurait préféré voir la Cinor réduire la voilure sur ses charges de personnel avant de faire appel au porte-monnaie des contribuables. "On dit que les charges de personnel ont baissé, c'est faux. Elles étaient de 6% entre 2021 et 2022, aujourd'hui elles sont de 3,45%. Le premier effort, il est là, il faut réduire nos charges de personnel", clame l'élu sainte-marien. S'il salue le regain de l'épargne nette, la Cinor pourrait faire encore mieux si elle supprimait la dotation de solidarité communautaire aux trois communes, pour un total de 5 millions d'euros (3,2 millions pour Saint-Denis, 1,19 million pour Sainte-Marie et 974.686 euros pour Sainte-Suzanne). "On ne peut pas se priver de 5 millions d'épargne nette parce que les distribuent aux trois communes qui paient leurs charges de fonctionnement. On ne peut pas gérer sa commune comme on l'entend et après piocher dans cette épargne nette pour combler les trous", exprime Christian Annette, qui plaide pour sa suppression "pure et simple".

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :