Municipales à Saint-André : Laurent Virapoullé saisit à son tour le Conseil d’État

Après l’annulation des élections municipales de Saint-André par le tribunal administratif de La Réunion, Laurent Virapoullé annonce avoir demandé à son avocat de saisir à son tour le Conseil d’État. Il entend notamment contester plusieurs points sur lesquels le tribunal administratif ne lui a pas donné satisfaction.
Le tribunal administratif de La Réunion a annulé, le 1er octobre, l’ensemble des opérations électorales municipales de Saint-André ainsi que le compte de campagne de Joé Bédier. Les magistrats ont notamment retenu des irrégularités liées à la diffusion, durant les six mois précédant le scrutin, de l’émission "Droit devant" sur Antenne Réunion, ainsi qu’à la diffusion, le jour du scrutin, d’un communiqué du cabinet du maire concernant le transport d’électeurs.
Lire aussi : Municipales à Saint-André : l'élection de Joé Bédier est annulée, son compte de campagne rejeté
Joé Bédier a annoncé le soir même son intention de contester cette décision devant le Conseil d’État, par l’intermédiaire de son avocat. Le maire sortant reste pour l’heure en fonction dans l’attente de la décision de la haute juridiction.
Laurent Virapoullé veut faire valoir ses propres demandes
Dans un communiqué, Laurent Virapoullé indique avoir demandé dès le vendredi suivant le jugement à Me Glaser de déposer un recours devant le Conseil d’État. L’objectif affiché est d'obtenir une décision sur plusieurs demandes qui n'ont pas été retenues par le tribunal administratif.
Le candidat souhaite notamment obtenir une réformation du résultat du scrutin, alors que sa liste "Saint-Andréens d’abord" avait terminé derrière celle de Joé Bédier lors des élections municipales de mars. Selon Laurent Virapoullé, le rapporteur public s’était montré favorable à cette possibilité lors de l’audience.
Il demande également que Joé Bédier soit déclaré inéligible en invoquant l’utilisation de moyens municipaux à des fins électorales et un dépassement du plafond légal des dépenses de campagne.
Sur ce dernier point, le tribunal administratif avait rejeté la demande d’inéligibilité. Il a notamment estimé que les faits retenus ne présentaient pas de caractère frauduleux, malgré le rejet du compte de campagne.
De nouvelles irrégularités invoquées
Laurent Virapoullé entend par ailleurs soumettre au Conseil d’État d’autres éléments. Il cite notamment le contrat conclu avec Antenne Réunion, l’attribution de primes à des agents municipaux et le bitumage de chemins privés réalisé dans les mois précédant l’élection.
Selon lui, ces opérations auraient été directement pilotées par le cabinet du maire et intégrées à des actions de communication électorale. Il estime que l’ensemble de ces éléments doit conduire la haute juridiction à confirmer l’annulation du scrutin et à prononcer l’inéligibilité de Joé Bédier.
Le candidat affirme également que le résultat du scrutin aurait dû être modifié et que sa propre liste aurait dû être déclarée élue, une demande qu’il entend donc défendre devant le Conseil d’État.
Une nouvelle étape dans le contentieux électoral
Cette double saisine ouvre désormais une nouvelle étape dans le contentieux électoral saint-andréen. Joé Bédier a, de son côté, confirmé son intention de contester l’annulation prononcée par le tribunal administratif.
Lire aussi : Municipales à Saint-André : l’avocat de Joé Bédier confirme un pourvoi devant le Conseil d’État
Laurent Virapoullé assure vouloir accélérer la procédure afin qu’une décision intervienne dans les meilleurs délais. Il estime que Saint-André et la Cirest doivent pouvoir rapidement se consacrer aux enjeux locaux, notamment la lutte contre la pauvreté, la sécurité de l’approvisionnement en eau et la gestion des déchets.
Le dossier est donc désormais entre les mains du Conseil d’État, qui devra se prononcer sur ces recours déposés après l’annulation du scrutin municipal de mars 2026.


