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Conduite sous zamal : "C'est pour arrêter les trois petits vélos dans ma tête"

L'expression "ne pas se fier aux apparences" a pris tout son sens lors de l'audience de comparution immédiate de ce mercredi. Un jeune homme de 20 ans comparaissait pour des faits de refus d'obtempérer, conduite sous l'empire d'un état alcoolique et pour ne rien gâcher, conduite sous stupéfiants. Au fil de l'audience, il apparait que les apparences sont parfois trompeuses.
Ecrit par Régis Labrousse – le jeudi 12 janvier 2023 à 10H34

Valentin S., 20 ans, vit dans l'ouest, à Saint-Leu. Son profil apparait comme n'étant pas celui des jeunes délinquants habitués des tribunaux. Dans la nuit du 29 au 30 décembre dernier, il roule à contresens près du centre équestre de Saint-Gilles. Une voiture de la police municipale (PM) l'aperçoit et décide de le contrôler, usant pour ce faire du deux-tons et de l'avertisseur sonore. La rue est étroite et les deux véhicules se retrouvent en face-à-face à l'arrêt. Un policier descend mais la voiture du prévenu démarre, l'obligeant à remonter urgemment dans le véhicule pour ne pas être percuté. La voiture poursuit sa route avant d'être retrouvée vide sur le parking du casino. La PM identifie le propriétaire, le contacte et s'aperçoit qu'il s'agit de la mère du conducteur. 

Contacté par sa mère, le jeune homme sort du casino et prend contact avec la PM qui l'attend. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça se passe mal. La PM lui reproche un refus d'obtempérer qu'il conteste vertement, arguant qu'il était ébloui et qu'il n'a ni vu le gyrophare, ni entendu le deux-tons. La PM appelle finalement la gendarmerie qui place le jeune homme en garde à vue. Il est contrôlé à 1,18 g/l d'alcool dans le sang avant d'être libéré. Positif aux stupéfiants, il est replacé en garde à vue le 9 janvier dernier. Plus stupéfiant encore, il a trois mentions à son casier pour des conduites sous zamal et détention de stupéfiants qui lui ont valu de simples amendes. Cette fois, le parquet décide de le présenter devant le tribunal. Il est placé en détention provisoire en attendant l'audience.

"Je descends, il fonce sur moi. Il n'y pas d'autres termes"

"Je me suis fait éblouir, je n'ai pas vu que c'était une voiture de police. J'ai poursuivi mon chemin, je me suis même arrêté au stop et je suis allé au casino. La PM m'a entouré à cinq et je me suis fait insulter", conteste-t-il devant la présidente. Pour autant, il s'agit de sa troisième conduite sous stupéfiants et son deuxième refus d'obtempérer comme le mentionne son casier judiciaire. "Je descends, il fonce sur moi. Il n'y pas d'autres termes. Il est impossible qu'il ne m'ait pas vu. Je suis en face de lui, côté conducteur", témoigne le policier municipal à la barre. La présidente interpelle le prévenu sur sa consommation quotidienne de stupéfiants : "Le zamal, c'est pour arrêter les trois petits vélos dans ma tête. J'ai des problèmes d'hyperactivité et de concentration".  

"Les peines d'amendes ne sont visiblement pas suffisantes pour vous", fustige la présidente. "Je ne veux pas retourner en prison, s'il le faut, j'arrêterai le zamal", supplie le prévenu. "Les faits ne font pas débat. Le refus d'obtempérer n'est pas reconnu mais les éléments d'enquête attestent du caractère audible de l'utilisation de l'avertisseur sonore. Il est entendable qu'il est commis ce refus d'obtempérer pour se soustraire et distancer les policiers. Sa manœuvre était particulièrement dangereuse. Il est en récidive pour les deux faits et encourt 6 ans de prison. Je vous demande une peine de 6 mois de prison assortis d'un aménagement sous bracelet électronique", requiert le procureur. 

"La prochaine fois, vous irez en prison"

"Il n'a pas le comportement de quelqu'un qui fuit car il s'arrête 50 m plus loin au casino et sort dès qu'on lui demande de sortir. Il est inséré et a une promesse d'embauche en main. Par ailleurs, pour éviter tout problème, sa mère a vendu la voiture. Il a été ébloui et n'a pas vu qui était en face de lui", plaide la défense. "La prochaine fois, vous irez en prison", met en garde la présidente qui prononce une peine de 6 mois de prison assortis d'un sursis simple, une annulation du permis et l'interdiction de le repasser avant 6 mois. 

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