Fuyant une agression, il se fait dépouiller par son sauveur

Les jeunes acceptent mais une fois dans la voiture, ça tourne rapidement au vinaigre. Le passager devient soudainement agressif et demande ce qu'il a à gagner dans cette affaire en les aidant. Sous la menace, un des fuyards propose 40€ qui sont acceptés.
Comprenant qu'il est en position de force, l'agresseur fait arrêter la voiture et, toujours sous la menace, oblige la jeune victime à retirer de l'argent dans un gabier. Après plusieurs tentatives, il constate amèrement que le compte n'est que peu alimenté. Il ne parvient à retirer que 10 euros. Qu'à cela ne tienne, il prend son sac pour le fouiller et lui soutire son téléphone.
Choquée, la victime dépose plainte trois jours plus tard. Ce sont les vidéo-surveillance du gabier qui permettront d'identifier l'agresseur. Il est interpellé le 8 janvier dernier par la police de Saint-André.
À la barre, il reconnait partiellement les faits : "Il rentre dans la voiture et propose 40€ pour qu'on le dépose. J'accepte mais il n'y a pas eu de menaces, je ne voulais rien prendre", indique le prévenu qui avoue qu'il était sous l'effet de l'alcool et du rivotril au moment des faits.
"La victime est terrorisée par les faits"
Affichant un palmarès de 9 mentions et 6 incarcérations au casier judiciaire, le prévenu, âgé de 22 ans, est sorti de détention le 23 mai 2022 après avoir purgé une peine de 3 ans pour vol. "Quand je consomme, je suis comme ça", se défend-il face à la présidente. Pas de quoi attendrir le parquet qui requiert : "La victime est terrorisée par les faits. Il comparait en récidive pour des faits similaires et son attitude menaçante est corroborée par l'exploitation de la vidéo. Ces faits sont graves, ce pourquoi je vous demande une peine de 2 ans de prison avec maintien en détention. Il n'est pas digne d'un aménagement de peine".
"S'il est si dangereux que ça, pourquoi avoir attendu 3 mois pour aller le chercher ?", s'offusque la défense. "S'il est reconnu, c'est uniquement grâce aux vidéos car il n'est pas si connu que cela des services de police, il n'est même pas sur les planches photos du commissariat. Les 40€, on les lui propose, il ne les arrache pas. Il n'y a aucune preuve du vol du téléphone. Il nécessite surtout un suivi pour ses addictions", plaide la robe noire.
Le prévenu est finalement condamné à 18 mois de prison dont 6 assortis d'un sursis probatoire. Quatre mois d'un sursis précédent sont révoqués. Il est maintenu en détention.


