Coups de couteau mortels à Miel Vert : "Tout le monde était éméché ce soir-là"

L'accusé a expliqué avoir été provoqué verbalement et que s'en est suivi un sentiment d’insécurité qui l’a poussé, non pas à se réfugier chez lui, mais à rentrer chez lui s’emparer d’une arme dans la chambre de son frère et redescendre l'arme à la main vers 22h30. Il est ensuite reparti à Miel Vert et a indiqué avoir été pris à partie une fois encore par le groupe. Vers 23h, la situation était toujours tendue avec des jeunes du groupe qui lui demandaient de quitter les lieux, ce qu'il refusait de faire. Il a alors porté un premier coup de couteau à un dalon pour se défendre, pensant qu'il voulait le frapper.
"La victime est morte absolument pour rien"
Après deux jours d'audience devant la cour criminelle, le verdict est tombé ce vendredi matin, plus de deux ans après les faits. L'avocate générale, qui a requis une peine de 15 années de réclusion criminelle, estime pour sa part que "la victime est morte absolument pour rien. À l'origine de la mort de la victime, il n'y a qu'une histoire de regard réel ou supposé, insistant ou vicieux ! Cette embrouille stupide aurait dû s'arrêter là si chacun était parti de son côté. Il a fait le choix de retourner chez lui et de s'armer par bêtise ou par orgueil. Sa responsabilité est clairement établie, il a eu plusieurs fois l'occasion de changer le cours de cette tragédie".
En réponse, la défense, représentée par Me Jean-Christophe Molière, estime que "c'est un immense gâchis". Ajoutant pour les intérêts de son client "qu'il est le seul a porter la responsabilité de ce drame mais je me dois d'être la voix de ce qu'il n'arrive pas à exprimer depuis le début de cette affaire. Certes, il n'a rien fait pour éviter ce drame, mais le groupe n'a rien fait non plus pour que rien ne se produise. Mon client considérait ce soir-là qu'il n'avait rien fait, alors que ce groupe de personnes avait décidé qu'il était indésirable".
"Il ne souhaitait pas se voir dicter sa conduite par eux alors qu'il était calme. Il est parti et revenu mais le contexte est important : il était poursuivi par 15 individus et non 4 ou 5 comme on le prétend. Qu'a-t-il pu penser ou ressentir à ce moment-là, d'autant que tout le monde était éméché ce soir-là", plaide robe noire, avant de conclure : "Deux familles sont dans le malheur, il va devoir assumer ses actes que bien évidement, il regrette". L'accusé, de son côté, exprime ses regrets et présente ses excuses aux familles avant la délibération.
Après deux jours d'audience Guillaume Reboul est condamné par la cour à 14 ans de réclusion criminelle.


