Le candidat Macron aux Réunionnais : "Aller plus vite, plus fort"

Une fois ces banalités dites, on a pu entrer dans le vif du sujet.
Le but avoué du candidat Macron, s'il est réélu dans 15 jours, sera de donner les outils aux différents territoires pour produire davantage. Pour cela, "il faut aller plus loin dans la formation, développer les filières locales" et mettre en place de vraies "filières alimentaires et énergétiques".
Comme Emmanuel Macron lit les sondages, il sait que la problématique de la vie chère arrive en tête des préoccupations des Français. Et donc des ultramarins. Il y a consacré un long moment, affirmant sa volonté de produire davantage localement, afin d'arriver à une auto-suffisance alimentaire. Au passage, il a délivré un message susceptible de raviver les inquiétudes des planteurs de cannes réunionnais : L'agriculture selon lui est actuellement "trop fléchée vers les productions historiques, bananes et canne à sucre". Même s'il a immédiatement tempéré ses propos en rappelant qu'il n'est pas question d'abandonner la canne, qui présente l'avantage de bénéficier de prix garantis, mais juste de diversifier les productions.
Concernant les filières, il a regretté qu'il n'y ait pas davantage de concurrence, faisant au passage un mea culpa : "Nous n'avons pas fait assez fort. Il va falloir aider davantage les nouveaux acteurs".
Difficile de discuter d'économie dans les outremers sans évoquer le dossier de l'octroi de mer. Emmanuel Macron s'est dit favorable à une réforme, notamment en ce qui concerne les produits de première nécessité.
Enfin, il s'est affirmé convaincu que le principal moyen de lutter en faveur de l'augmentation du pouvoir d'achat des ménages, c'est de poursuivre sa politique de réduction du chômage qui a été très efficace jusqu'ici puisque le chômage a fortement diminué dans les outremers, et tout particulièrement à La Réunion. "Il faut continuer", a-t-il répété.
Interpellé sur les moyens qu'il compte prendre pour lutter contre les violences faites aux femmes, il a avoué que "le travail n'est pas fini". La lutte passe par une poursuite de l'augmentation des effectifs de policiers et de gendarmes (+13% à La Réunion), l'éducation notamment à l'école, l'éloignement des personnes violentes et l'aide apportée aux victimes. "Il faut que la peur change de camp", a affirmé le candidat, avant de conclure qu'il n'y a "aucune justification" à ce que cette violence soit plus importante dans les outremers, comme c'est le cas actuellement.
Enfin, interrogé sur une possible évolution du statut des territoires ultramarins, il a réaffirmé son credo : "Qui décide paye, qui paye décide". "Je n'ai pas de tabous", a-t-i réaffirmé, avant d'ajouter une condition : "Il faut que ça réponde à un besoin des territoires". "Je suis ouvert aux évolutions institutionnelles quand c'est désiré", a-t-il conclu.


