Controlé à 4g/l à midi, il faut 24h de dégrisement avant de l'interroger

Jean David V., 39 ans, semble être un homme tout à fait charmant et avisé. "Je ne bois pas tous les jours, mais beaucoup" explique-t-il à la présidente de l'audience de comparution immédiate. En cette période de confinement, les contrôles sont fréquents, encore faut-il être en état de s'en rendre compte. Le 26 avril dernier à Sainte-Marie, il est contrôlé par les gendarmes aux alentours de midi, il sort de chez sa tatie, il a fait à peine 20m selon lui.
Quelle ne fut pas la surprise du gendarme à la lecture du test ! Il est à 1,94 mg/l d'air dans le sang soit presque 4g/l ! Immédiatement placé en garde à vue (GAV), puis en dégrisement, il faudra presque 24h et une prolongation de GAV pour qu'il puisse être entendu. Le taux retenu sera finalement de 1,79 mg/l d'air. "J'ai bu 5 verres de rhum pas plus" affirme-t-il avant d'ajouter "pour moi j'étais encore à jeun, c'est pour ça que j'ai pris mon scooter". Bien connu des services de justice avec 9 mentions à son casier, dont 5 pour des conduites sous l'empire d'un état alcoolique, dont une pour des blessures involontaires.
"C'est la fois de trop ! On a tout essayé avec vous. Vous êtes à 4g et à 5g, vous pouvez en mourir. Vous êtes un danger pour tout le monde. Je demande une peine de 18 mois, la révocation du sursis de 4 mois et le maintien en détention" requiert la procureure. "L'alcool est une grave maladie qui est très compliquée à soigner. Il n'est pas en mesure de se restreindre, ce sont des soins dont il a besoin" plaide la défense. Loin de comprendre les enjeux, Jean David V. ajoute simplement "convoquez moi plus tard, j'ai des choses à traiter, j'ai besoin d'une date butoir".
Son voeu est exaucé par le tribunal qui fixe une date de sortie de prison après une peine de 8 mois auxquels s'ajoutent 6 mois de révocation d'une contrainte pénale.
Il devra être soumis à une obligation de soins.


