“Il n'y a pas de lien entre le célibat et la pédophilie”, dit un archevêque anglais

L'archevêque de Westminter, chef de l'Eglise catholique anglais a-t-il raison lorsqu'il dit qu'il n'y “a pas de lien entre le célibat” - celui des prêtres - “et la pédophilie” de certains d'entre eux ? D'un point de vue purement statistique, les chiffres lui donnent raison. Car, la plupart des religieux soumis au célibat n'est pas impliqué dans des affaires de mœurs, des abus sexuels ou de la pédophilie.
Toutefois, le nombre croissant d'affaires de pédophilie révélé cette semaine par la presse met un bémol à l'affirmation de l'archevêque de Westminter pour qui la pédophilie “se développe dans les familles où les personnes ne sont pas célibataires”. Le religieux a sans doute raison lorsqu'il parle de l'environnement familial, comme le montrent les statistiques.
Mais, ce n'est pas le seul environnement propice aux abus sexuels sur des enfants. Les statistiques prouvent que les pédophiles approchent, travaillent ou se révèlent autour ou dans un cadre où les enfants sont en quête de valeurs, d'éducation et d'affection. Lorsqu'un enfant ou un adolescent est placé dans un tel environnement, il devient une proie facile pour l'adulte, l'éducateur ou le religieux qui lui a également imposé son autorité.
Et, même s'il n'y a pas plus de pédophilie au sein de l'Eglise qu'il peut y en avoir dans notre société, rien ne permet de dire que le célibat n'a pas une effet déclencheur. Le refoulement du désir ne provoque pas seulement des névroses, il provoque aussi différents schémas de comportement ou des déviances sexuelles.
Le désir humain, naturel, “officiel” et assouvi par la quasi totalité des êtres vivants, mais interdit par la religion, la loi ou la morale trouve parfois une expression et une satisfaction dans d'autres actes également prohibés par la religion, la loi ou la morale.
Si aucune “relation statistique” ne montre le lien entre le célibat et la pédophilie, aucune donnée chiffrée ne prouve qu'il n'y en a aucun.


