Annette veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes

Gilbert Annette nous prend vraiment pour des idiots. Empêtré dans son affaire de "médiateurs", en fait des gros bras embauchés pour rétablir l’ordre de façon musclée la nuit dans Saint-Denis, il s’agite comme un beau diable. Quitte à mouiller au passage des personnalités, en essayant d’en faire les cautions de ses turpitudes.
Sévèrement critiqué par les syndicats de policiers pour avoir déclaré que "les policiers ne sortaient pas la nuit", et qu’"ils ne répondaient pas la nuit quand on les appelait", puis à nouveau pour avoir critiqué les Dionysiens qui manquaient d’ambition en ne visant qu’à devenir gardiens de la paix au lieu de chercher à devenir commissaires de police, il n’a rien trouvé de mieux qu’à chercher à s’abriter derrière le patron de tous les policiers, le commissaire Lebon.
Selon une déclaration qu’il a faite en fin de semaine dernière en conseil municipal, il aurait eu un entretien avec le directeur départemental de la sécurité publique au cours duquel ce dernier lui aurait confirmé que si les syndicats de policiers étaient aussi remontés, c’était uniquement parce que les élections professionnelles approchaient.
Et le même DDSP aurait également confirmé qu’effectivement, nombre de ses policiers lui avaient avoué ambitionner voir leurs enfants devenir commissaires de police.
A ce qu’il paraît, le commissaire Lebon n’aurait pas apprécié, mais alors pas apprécié du tout que le maire de Saint-Denis se serve de lui pour tenter de couvrir ses conn…ies.
Autant dire que la visite de Gilbert Annette au commissariat de Malartic, prévue justement pour calmer le jeu ce lundi matin, s’annonçait… amusante.
Il allait y avoir du sport et les journalistes étaient là en nombre pour guetter le moindre dérapage.
En fait, il n’y en eut pas vraiment. En tous les cas, rien en public. Mais, à la fin de la visite, quand une journaliste demanda au commissaire Lebon s’il avait remonté les bretelles du maire du chef lieu, ce dernier partit d’un grand éclat de rire… avant d’ajouter un "Je vous remercie" (voir la vidéo) qui en disait long. Et s’éloignant, toujours le sourire aux lèvres, il ajouta : "Vous êtes trop forte…"
Inutile de dire que, dans le huis clos de son bureau, les vérités ont dû être dites…
Mais la visite n’était pas totalement terminée. Gilbert Annette ne pouvait rester sans réagir. Voyant les micros se tendre vers lui, il a d’abord demandé au journaliste qui l’interrogeait pour qui il travaillait. Apparemment rassuré par le fait qu’il n’était pas de Zinfos, mais sans se douter qu’une de nos journalistes était là et le filmait également, il s’est évertué à tenter de justifier l’embauche de "gros bras" par la mairie de Saint-Denis.
Jouant allègrement sur les mots, il a affirmé que ce n’était pas la mairie qui avait embauché le "médiateur" qui avait été arrêté après un délit de fuite et retrouvé en possession de balles de 357 Magnum sur lui. Ce en quoi il a tout à fait raison.
Il s’agit effectivement d’une association de kick boxing et de boxe thaï basée à Bois de Nèfles. Association sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir très prochainement. Mais, pourquoi n’a-t-il pas précisé que c’était à la demande de la mairie, sur des fonds municipaux ?
Pourquoi la mairie n’a-t-elle pas inclus dans la convention qu’elle a signé avec l’association, l’obligation de n’embaucher que des personnes avec un casier judiciaire vierge ?
Tant qu’on y était, peut-être aurait-il pu confirmer que le président de cette association est lui même employé d’une association para-municipale. Et il aurait pu nous dire s’il trouve cela normal…
Il aurait aussi pu nous expliquer pourquoi, et à la demande de qui, c’est cette association qui a été choisie, en lieu et place de celle avec laquelle la mairie travaillait jusque là, et qui donnait toute satisfaction ? Et est-il vrai, comme nous l’avons écrit, que c’est sur la demande pressante de Jacques Lowinsky, le premier adjoint, que c’est ce choix a été effectué ?
De même, il aurait pu aussi nous confirmer que le président de ce club de kick boxing et de boxe thaï était bien le chauffeur/garde du corps d’Ericka Bareigts…
Voilà les questions auxquelles nous aurions aimé que Gilbert Annette nous réponde, au lieu d’essayer de se cacher derrière le patron de la police ou derrière le président d’une association…


