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Les Dionysiens ont-ils plus à craindre des médiateurs d'Annette que des voyous?

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 13 avril 2018 à 12H23

Gilbert Annette n'a pas de chance.

Pourquoi diable a-t-il fallu qu'un de ses "médiateurs de nuit" ait la fichue mauvaise idée de brûler un feu rouge sous le nez de policiers?

Pourquoi, lorsque ces derniers ont tenté de l'interpeller, a-t-il pris la fuite?

Pourquoi avait-il des cartouches de 357 Magnum sur lui, une des armes de poing les plus dangereuses qui soient?

Pourquoi a-t-il avoué aux policiers que c'est lors d'une fouille, dans le cadre de son travail comme médiateur de nuit de la mairie de Saint-Denis, qu'il avait saisi ces cartouches?

Pourquoi avait-il un casier judiciaire long comme le bras? Pour entre autres violences, trafic de drogue... Avec comme spécialité, avec les autres membres de sa fratrie, d'avoir été repéré dans la plupart des violences urbaines de ces dernières années.

En additionnant tous ces faits, l'opinion publique a soudainement découvert l'existence de ces fameux "médiateurs de nuit", et s'est interrogée sur leur rôle exact.

Qu'est ce qu'un médiateur de nuit?

Au départ, l'idée est intéressante. Il s'agissait de faire patrouiller dans les quartiers les plus chauds de Saint-Denis des personnels dans un but de prévention. En cas d'incidents ou de bagarres, leur rôle est, théoriquement, d'essayer de calmer les esprits, de tout faire pour que les choses rentrent dans l'ordre. Et si jamais ça dégénère vraiment, d'appeler les forces de l'ordre.

Ca c'est pour la théorie.

Dans la pratique, l'arrestation de ce médiateur, ce lundi, a permis de s'apercevoir qu'il y avait un fossé entre la théorie et la réalité de terrain.

D'abord, pour effectuer ce métier il faut des hommes qui n'ont pas froid aux yeux. Des "gros bras". Ce qu'on appelait autrefois des nervis. Des genres d'hommes dont l'intelligence se situe plus souvent dans leurs biceps que dans leurs cerveaux, et qui se vendent au plus offrant pour assurer la sécurité des hommes politiques, coller les affiches lors des campagnes électorales, voire aller créer le désordre dans les meetings des adversaires.

On voit tout de suite l'intérêt de l'équipe municipale en place de disposer d'un tel vivier sous la main. Ça pourra toujours servir le jour où on en aura besoin... Surtout qu'en l'espèce, on les paye sur des fonds publics, donc avec l'argent des contribuables, et qu'on n'a donc pas à les inclure dans les comptes de campagne !

Le problème avec les nervis, comme on l'a dit, c'est qu'il ne faut pas leur demander de réfléchir. Et qu'ils dérapent souvent. La preuve avec notre "médiateur", à qui l'on reproche d'avoir procédé à des fouilles, ce qu'il a avoué dans l'espoir d'expliquer la présence de cartouches de 357 Magnum sur lui.

Et comme par définition, un nervis ça a le sang chaud, on peut aussi facilement imaginer les méthodes utilisées pour "ramener le calme".

Il faut dire qu'en la matière, Gilbert Annette et son équipe ont du savoir-faire. Rappelez-vous comme Michel Chane Liat, alors adjoint au maire, avait embauché les karatékas de son club pour aller rétablir l'ordre dans les rues du Saint-Denis pendant les fameux événements du Chaudron...

Des questions qui interpellent

Mais là n'est peut-être pas le plus grave

La vraie question, que nous a soufflée un responsable d'association concurrent, est de savoir pourquoi la mairie de Saint-Denis n'a pas chargé l'association Prévention Péï, avec laquelle elle travaillait jusque-là via le CAP (Comité Animation Prévention, un organisme municipal) et qui donnait entière satisfaction, pour lui préférer cette fois l'association ADSC (Association Dionysienne Sportive et Culturelle) basée au Moufia?

Est-il vrai que c'est Jacques Lowinsky qui a imposé cette association?

Quels sont les liens entre Jacques Lowinsky et Jean-Luc Robert, un boxeur, président de cette association?

Comment se fait-il que Jean-Luc Robert puisse être en même temps un employé du CAP et président de cette association qui travaille pour le CAP et la mairie?

Comment se fait-il que la mairie n'ait posé aucune condition à l'embauche de ces "médiateurs"? Les juges ont été sidérés d'apprendre de la bouche du "médiateur" qu'à aucun moment on ne lui avait demandé son casier judiciaire au moment de son embauche. Comme si, au contraire, avoir un casier chargé était une des "qualités" recherchées pour ce poste...

Monsieur le maire, vous avez ouvert la boite de Pandore en attaquant les policiers en déclarant qu'ils ne répondaient jamais quand on les appelait la nuit. La preuve que ce n'est pas vrai, c'est que c'est la nuit qu'ils ont arrêté un de vos "médiateurs". Preuve, s'il en fallait, qu'ils sont bien sur le terrain.

Vous ne pourrez vous en sortir en vous murant dans un silence coupable ou en publiant un communiqué officiel de quelques lignes. Vous devez répondre aux questions posées. Le problème est grave. Vos administrés doivent savoir s'ils sont encore en sécurité quand ils sortent le soir dans les rues de votre ville... Et s'ils ont plus à craindre de vos "médiateurs" que des voyous habituels.

 

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