Après l'élection de Macron, attention aux déchirures musculaires à la Réunion...

Tous les pratiquants vous le diront, on risque la déchirure musculaire à vouloir faire le grand écart alors qu'on n'est pas un sportif aguerri.... Certains politiques de seconde zone réunionnais feraient bien de s'en souvenir, au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République.
Prenons le cas de Rémy Massain. Embauché au cabinet de la Région comme conseiller technique à la coopération régionale suite à la demande pressante d'une élue, le voilà qui se réjouit ouvertement sur sa page Facebook de la désignation de son "amie" Annick Girardin au poste de ministre de l'Outremer... Et pour preuve, il publie une photo où on le voit poser fièrement aux côtés de la nouvelle ministre.
Rémy Massain a eu jusqu'ici un parcours pour le moins chaotique ! Avant de rejoindre -officiellement- Didier Robert, il a surtout été marqué par un engagement à Gauche : Candidat en 1987 aux élections cantonales de Trois-Bassins "à la demande du PCR", il est ensuite élu conseiller municipal de Saint-Denis dans l’équipe de Gilbert Annette. Candidat en 1990 aux élections cantonales partielles du 5e canton de Saint-Denis contre Sudel Fuma, avec le soutien du Comité du Progrès de Paul Hoarau où il fait un score ridicule, il devient ensuite président du Mouvement des Radicaux de Gauche (MRG) à la Réunion et figure notamment sur la liste de Bernard Tapie aux élections européennes (1994). Après plusieurs autres échecs retentissants, toujours sous les couleurs de la Gauche, il est candidat de l’Alliance aux élections législatives du 10 juin 2007 dans la 1e circonscription de Saint- Denis.
Et c'est le même qui aujourd'hui semble revenir à ses premières amours en félicitant son "amie" Annick Girardin, tout en continuant à travailler au cabinet de la Région, poste hautement politique et qui demande une confiance réciproque avec l'élu qui vous a embauché.
Même cas de figure pour Jean Poleya, lui aussi embauché au Cabinet de la Région suite à la demande insistante de la même élue.
Il découvre la politique en mars 1998 avec les élections régionales où il figure en 5e position sur la liste "Nouvelle Génération" menée par Jasmin Moutoussamy, un dissident du mouvement FREEDOM. C'est un échec, mais il comprend vite l'intérêt pour lui de continuer à essayer de grenouiller dans ce milieu.
En mars 2001, il est remarqué par René-Paul Victoiria, qui le place en toute fin de liste sur la liste d'Union de la Droite. Il n'est donc pas élu. Ensuite de 2005 à 2006, il adhère au Parti Radical, parti associé à l'UMP à l'époque, où il entend prendre des responsabilités départementales mais son ambition dévorante est cassée par les caciques radicaux qui lui barrent la route de la direction du parti. En 2007, dans la foulée de la campagne des élections présidentielles et toujours sous la houlette de René-Paul Victoria, il est désigné président-fondateur de l'Association des Amis Réunionnais de Nicolas Sarkozy.
En Mars 2008, c'est le summum de son ascension politique, il est en 25e position sur la liste de Droite menée par René-Paul Victoria et surtout RPV lui offre l'investiture de la Droite contre Jean-Jacques Morel dans le 4ème canton de Saint-Denis. Il est battu à plates coutures, mais à cause de lui, c'est le candidat socialiste Jean-Claude Fidji qui est élu. Fort de cette voix supplémentaire, la Gauche s'empare du conseil général. Merci encore MM. Victoria et Poleya.
De 2008 à 2012, Jean-Alexandre Poleya est tellement déconsidéré politiquement qu'il est obligé de quitter La Réunion pour se faire oublier. Mais le goût de la politique est plus fort que tout et il revient sur le devant de la scène politique dionysienne en mars 2014. Il mène sa propre liste aux élections municipales. C'est un échec piteux. Il fait un score famélique avec seulement 445 petites voix.
D'autres se seraient calmés et se seraient fait tout petits. Ce serait mal connaitre Jean Poleya. En 2014, il crée le Mouvement Avenir Réunion (MAR). Puis il tente une OPA inamicale sur le Parti radical de l'UDI, mais c'est un nouvel échec.
Après avoir beaucoup cherché, il finit par dénicher un petit parti national pas encore représenté localement, l'Alliance centriste, petite composante de l'UDI, dont il devient le président local.
Ce qui l'amène, en mars dernier, à suivre son parti national et à soutenir Emmanuel Macron à l'élection présidentielle. On a ainsi pu le voir aux côtés de son nouvel ami le maire socialiste Gilbert Annette, avec Emmanuel Macron, au meeting du petit stade de l'Est et sur le marché du Chaudron.
Tout en continuant, lui aussi, à travailler au Cabinet de Didier Robert à la Région...
Pas sûr que ce petit jeu puisse durer bien longtemps...


