La presse va mal...
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La presse ne va pas bien à la Réunion. Au point que le JIR avait failli absorber le Quotidien, il y a trois ans. On en serait alors revenu à la situation d'avant 1976, avec un seul quotidien sur l'île.
Et le sort des radios et des télévisions n'est guère plus brillant, avec une baisse de 30% des recettes publicitaires depuis un an, depuis le début de la crise.
Cette situation n'est pas spécifique à la Réunion. La preuve? Les principaux syndicats de journalistes ont adressé aujourd'hui une lettre ouverte commune au président Nicolas Sarkozy, une première, où il font état de la "situation extrêmement préoccupante" du secteur, tant au plan économique que s'agissant des conditions de travail.
Elle coïncide également avec la mi-mandat du président de la République. "Depuis votre élection à la présidence de la République, les syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT) constatent que la situation des médias s'est sensiblement aggravée", écrivent les trois syndicats.
"Il n'est pas un jour sans qu'un journal, un hebdomadaire, une radio, une télévision ne licencie des journalistes en prétextant la crise économique. Parallèlement, des journaux disparaissent", expliquent-ils.
"La presse gratuite - longtemps présentée comme La "solution à la désaffection du lectorat" est dans le rouge. Les quotidiens à faible revenu publicitaire connaissent d'amples difficultés", ajoutent-ils.
Selon les syndicats, depuis le début de l'année, 2.300 journalistes "seraient venus gonfler les rangs des chômeurs".
Ils évoquent également les conditions de travail compliquées. "Les journalistes dans ce pays n'ont toujours pas la garantie de voir leurs sources protégées, alors que la loi et la justice européennes l'imposent". "Ils risquent de voir débarquer la police dans leur rédaction, comme au Canard enchaîné, à l'Equipe, au Point, à Midi Libre, à la Nouvelle République du Centre-Ouest, à la République du Centre etc", poursuivent-ils.
La situation dans l'audiovisuel public "n'est guère plus brillante", l'avenir de France Télévision et de Radio France étant "obéré par la suppression de la publicité sans la garantie de moyens équivalents à l'euro près", regrettent les syndicats.
Le tableau, heureusement, n'est pas tout à fait noir. Pendant que la presse traditionnelle (écrite, radios, télés) connait de grosses difficultés, la publicité continue à progresser sur internet, du fait de leur faible coût, un argument qui vaut son pesant d'or en cette période de crise.
Qui a dit que le malheur des uns faisait le bonheur des autres ?
Mais je ne m'en réjouis pas pour autant. La société a besoin d'une presse pluraliste, représentant tous les courants de pensée, et présente sur tous les supports. La presse sur le web ne remplacera jamais totalement la presse écrite. Et c'est tant mieux...


