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Conflit de voisinage: "Rentre dans ton pays, espèce de p...!"

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 20 août 2015 à 14H52
« Rentre dans ton pays !… Ferme ta gueule, espèce de p... !... Il y a longtemps que j’ai envie de te tuer… » Admirons l’imperturbabilité de la présidente Panet énonçant ces énormités. La force de l’habitude ? Nous penchons plutôt pour l’impassibilité des juges, garante de leur impartialité.

Car ces monstrueuses paroles ont bel et bien été jetées à la figure de sa souffre-douleur par Walter. Lequel ne nie d’ailleurs pas les faits. Sauf qu’il ne se rappelle pas des termes exacts « et que j’étais sous le coup de la colère ». Ah bon ?

O’Hara et O’Timmins

Tampon, 20 mai 2014… Walter fait partie de ces irascibles qui ne supportent aucune contrainte. Un rien le gêne aux entournures. Alors, pensez, quand il a comme voisine immédiate une Mauricienne mariée à un Zoreil, voilà qui pollue son environnement très personnel.

On sait que le Créole est souvent mauvais voisin. Pour un rien, baisement i pète dans la cour Patel. Une perceuse, un coq trop matinal, un chien enroué, une mob' trafiquée, le café qui grille, le pilon dès potron minet, la tantine du voisin à l’orgasme un peu bruyant, tout est bon pour chercher noise à autrui. Walter, lui, ne supporte pas domoune i sorte déor. Tous les motifs de friction, même les plus ténus, sont bons à prendre.

Cette fois, ce fut l’entrée de la cour. J’explique : ces « O’Hara et O’Timmins » (!) tropicaux habitent deux maisons séparées mais qui sont dans la même cour, avec la même entrée de garage. Le « oups ! » est venu de là : le portail, pas refermé à l’heure convenue, a été la goutte de charrette qui a fait déborder la patience de notre colérique bonhomme. Insultes, injures, menaces à peine voilées ont duré des années.

« Elle i gratte sa fesse »

Un jour, la jeune Mauricienne a choisi de faire appel à un juge spécialisé en conciliation entre « personnes qui ne s’aiment pas », ce qui est une litote. Pour ne pas le prendre au dépourvu, elle est allée prévenir son sanguin (je n’ai pas dit « sanguinaire ») voisin. Qui a fort mal pris la chose.

D’où les amabilités citées en début d’article. Comme elle se tient devant le barreau avec une copine (témoin qui confirme tout), il fait mine de leur foncer dessus. Personne n’est blessé mais les infractions sont constituées.

S’il a reconnu tout ce qu’on lui reproche lors de l’enquête de gendarmerie, il y met de sérieuses nuances à la barre.
« Ma patience a des limites… Je reconnais les injures racistes mais… Je ne savais pas que c’était du racisme (saint Larousse priez pour lui !)… C’est elle la commencé… La voiture ? Ah non ! Mi allais travailler. Elle, elle i gratte sa fesse à longueur d’journée… La fé semblant donn’ in coup d’pied dans la roue… Elle l’était en guêpe… »

« Ces propos vous déshonorent ! »

Il est patent que cette atmosphère lourde, insupportable, et son point d’orgue ce 20 mai 2014, ont sérieusement ébranlé la jeune femme qui vit sous médocs depuis. Stressée à fond la caisse.

« Lu la dit aussi mon mari Zoreil rente dans son pays ! » Le substitut Saunier a fustigé les injures racistes mais, juriste jusqu’au bout des ongles, ne se résignant pas à poursuivre hors légalité, a souligné qu’elles étaient prescrites en raison d’une erreur de procédure.

« Il n’empêche, monsieur, que ces propos vous déshonorent », a-t-il asséné en regardant l’accusé droit dans les yeux. Lequel n’a pas supporté la confrontation visuelle.

Curieusement, l’avocate de Walter a tapé lourd sur la victime, sans trop argumenter son propos. Comprenne qui pourra ! Zappant allègrement sur la tentative de conciliation amiable initiée par cette victime, elle met en doute les reproches qui lui sont adressés. Ce qui va conforter son client dans son imbécilité chronique. De là à justifier les conflits de voisinage, il n’y a qu’un fossé…

Sa plaidoirie, pleine d’hésitations, ne m’a pas convaincu une seconde. Mais je tiens à dire, pour rester objectif : ma collègue du Quotidien, Claire Labonne, n’était absolument pas de mon avis. Dont acte.

La cour n’a pas retenu les propos racistes pour cause de prescription, et a condamné le mauvais coucheur à 300 euros d’amende, plus 100 euros de dommages-intérêts à la victime.

 

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