8e passage au tribunal pour un retraité : alcoolisé au guidon de son scooter, il provoque un accident

Jean-Jacques M. est présenté au tribunal pour des faits relativement simples. Mais là où ce dossier attire la curiosité, c'est par le nombre de condamnations du prévenu pour des faits similaires : conduite en état d'ivresse.
Le retraité avance à la barre, écoutant solennellement les faits que la justice lui reproche. Le 14 août dernier, les secours sont prévenus pour un accident de scooter à l'Ermitage, dans les Hauts. Sur place, gendarmes et secouristes retrouvent le deux-roues accidenté et un homme, Jean-Jacques M.
Les circonstances demeurent floues, car l'homme ne se souvient absolument pas de ce qu'il s'est passé. Une chose frappe les secours : Jean-Jacques M. semble alcoolisé. On le fait souffler et le contrôle confirme les soupçons : un taux d'alcoolémie de 1,92 gramme par litre de sang est constaté. Il est placé en garde à vue.
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Un alcoolisme qui ne date pas d'hier
Les vérifications révèlent également que son permis a été annulé et qu'il roule sans assurance. C'est donc dans ces conditions que le retraité est présenté en comparution immédiate. Jean-Jacques M. reconnaît sans difficulté les faits qui lui sont reprochés. Concernant l'accident, il peine en revanche à se remémorer ce qu'il s'est passé.
L'homme explique qu'il ne boit qu'en fin de semaine, lors des week-ends. Ce vendredi, il avait bu à l'occasion de son travail. Malgré sa retraite, il reconnaît continuer à travailler de manière non déclarée. Il admet avoir bu ce jour-là plus d'un litre de punch avant de reprendre la route.
"Une récidive de récidive de récidive..."
Là où le bât blesse, c'est que Jean-Jacques M. est en état de récidive légale. Plus encore, son casier judiciaire fait état de 15 condamnations, dont 10 pour des délits routiers et 7 concernant l'alcool au volant. De quoi inquiéter le tribunal. « On est sur une récidive de récidive de récidive... », déplore la présidente d'audience.
Le retraité reconnaît avoir un problème avec l'alcool. Lorsque la présidente lui demande ce qu'il compte faire pour y remédier, il rétorque sans attendre qu'il « doit se soigner ». Sa dernière condamnation remonte à 2025, lorsqu'il avait dû effectuer un an de prison pour des faits similaires.
35 fois plus de chance d'avoir un accident de la route
« Pourquoi prendre son scooter ? Pourquoi ce risque ? », questionne le ministère public. Il rappelle que l'alcool augmente considérablement le risque d'accident et affirme que celui-ci est multiplié « jusqu'à 35 fois » dans le cas de Jean-Jacques M. Il insiste également sur le fait que le prévenu avait déjà été condamné pour des faits similaires moins d'un an auparavant.
« On ne va pas claquer des doigts pour trouver des solutions », estime le parquet, qui considère que le prévenu « ne s'en sort pas ». En raison de la récidive, celui-ci encourt jusqu'à six ans d'emprisonnement, rappelle l'accusation.
Le procureur requiert finalement deux ans d'emprisonnement, dont un an assorti d'un sursis probatoire renforcé, avec une obligation de soins.
Pour la défense, les faits sont « extrêmement simples », mais le dossier révèle surtout une addiction. « Il n'a pas conscience de son alcoolisation massive, elle est pathologique », plaide l'avocate. Selon elle, son client est « victime de sa propre maladie », tout en reconnaissant qu'il se met lui-même dans cette situation.
Au final, le tribunal décide de suivre les réquisitions : Jean-Jacques M. retourne en détention pour une durée d'un an et écope également d'un an de sursis probatoire renforcé, avec obligation de soins.


