85 cas de choléra à Mayotte, dont 68 autochtones

L'épidémie de choléra se propage en dehors de la commune de Koungoun, selon les premières constations livrées ce vendredi 17 mai par Santé Publique France. Si les premiers cas avaient été circonscrits à cette commune proche du chef-lieu, ce n'est plus le cas désormais.
« La grande majorité des cas (61) ont été détectés dans la commune de Koungou, dans un quartier précaire avec des difficultés d'accès à l'eau potable (certains habitants de ce quartier consomment de l’eau de rivière) et des défauts d'assainissement (absence d'évacuation des eaux usées, partage de latrines) qui sont les principaux risques de diffusion de la maladie. Cette transmission communautaire du choléra à Koungou et le risque d'importation de nouveaux cas de choléra des Comores exposent Mayotte à un risque de transmission locale sur tout le territoire, en particulier dans d’autres quartiers précaires. Un nouveau foyer a été signalé le 14 mai sur la commune de Mtzangamouji », relève Santé Publique France.
« Les vaccins sont faits pour la prévention »
La nouvelle de l'apparition d'un foyer à Mtzangamouji ne devrait pas surprendre au sein de la population de Mayotte, où l'on s'étonne surtout du peu de moyens déployés sur l'ensemble du territoire pour la vaccination préventive. Un sentiment partagé la semaine dernière par Ousseni Balahachi, secrétaire général de la CFDT-Mayotte, sollicité en marge de la visite du ministre délégué en charge de la santé Frédéric Valletoux.
« Moi, étant soignant, j'ai appris à l'école que les vaccins sont faits pour la prévention. Si aujourd'hui le ministre vient et nous raconte qu'il n'y a pas matière à vacciner systématiquement la population contre le choléra, alors moi je ne comprends plus rien. Le choléra est une maladie des pays pauvres, Mayotte a été mise dans cette situation de précarité et il n'y a rien d'étonnant si cette maladie se développe », commentait le syndicaliste, favorable à l'établissement de « liens de coopération sanitaire » avec les Comores.
Reste à savoir si le fait que la commune de Mtzangamouji ne soit pas limitrophe avec celle de Koungou va pousser l'ARS à étendre sa campagne de vaccination préventive à une plus large zone géographique de l'île.


