8 mai 2025 : les 80 ans de la fin de la seconde Guerre mondiale

Ce jeudi marque les 80 ans de la fin de la seconde Guerre mondiale. Comme chaque année, le pays rend hommage aux hommes et femmes tombés au combat.
Après six ans de guerre et près de 85 millions de morts estimés, les combats s’achèvent officiellement entre les Alliés et le Troisième Reich le 8 mai 1945.
Cette journée de commémoration devient officiellement un jour férié en France en 1953. Ce qui n’est pas le cas au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. La Russie et certains pays issus de l’ex-URSS célèbrent quant à eux ce jour de victoire le 9 mai (compte tenu du décalage horaire, la capitalisation allemande ayant eu lieu le 8 mai 1945 à 23h01).
Si la guerre s’arrête sur le continent européen, les combats outre-terres se poursuivent, notamment entre les Japonais alliés aux nazis et les Américains.
La seconde Guerre mondiale cesse ainsi réellement le 2 septembre 1945, soit quatre mois après la fin des combats en Europe. La guerre contre l’Allemagne et ses alliés menés par Adolf Hitler prend fin.
Ce jeudi 8 mai 2025 marque alors les 80 ans de la victoire des Alliés sur le territoire européen. L’occasion de rendre hommage à nos anciens tombés au combat et de perpétuer ces commémorations afin qu’elles ne tombent pas dans l’oubli parmi les plus jeunes générations.
Des Réunionnais parmi les combattants
Fortement éloignée par les 11.000 kilomètres qui la sépare des combats en Europe, La Réunion est tout de même active dans ce conflit.
Même si les chiffres ne sont pas précis, on évoque l’implication de près de 9.000 réunionnais mobilisés de 1939 à 1945.
Parmi ces hommes, 3.500 ont quitté l’île pour se battre auprès des troupes françaises en Europe et 200 soldats ont servi dans les rangs des Forces françaises libres (FFL) sous le commandement du Général de Gaulle.
Des femmes réunionnaises courageuses et dévouées
Les Réunionnaises ont elles aussi grandement participé au conflit. Le destin de trois d’entre elles marque particulièrement l’implication des femmes dans cette grande guerre.
- Marguerite Jauzelon
En 1943, Marguerite Jauzelon, née à Saint-André en 1917, met de côté sa vie d’institutrice et enfile son uniforme kaki en rejoignant l’armée de libération en tant qu’ambulancière.
Elle embarque d’abord à Madagascar où elle reçoit une formation militaire intensive. Marguerite Jauzelon se consacre alors à l’évacuation et le sauvetage des blessés du front.
Plus tard, elle se rapproche des combats en passant par Alger, la Corse puis par le front de Provence en août 1944. À la fin de la guerre, la Saint-Andréenne est mobilisée en Allemagne où elle est témoin de la capitulation des forces allemandes.
Sa mission prend fin en novembre 1945. Après la guerre, Marguerite Jauzelon rentre à La Réunion en 1946 et reprend son poste d’institutrice.
En 2002, son héroïsme est officiellement salué, la Réunionnaise est décorée de la Légion d'honneur. Grâce à ses nombreux témoignages, elle devient un symbole de courage et de dévouement au service de son pays et de son île.
Elle décède à Saint-Paul en février 2023.
- Hélène Legros (épouse Girard)
Née en 1912 au Tampon, Hélène Legros, accompagnée de son mari et de son fils de sept ans, quitte Madagascar, à l’époque colonie affiliée au régime de Vichy, en mai 1941.
Elle traverse, à bord d’une petite embarcation, le canal du Mozambique et intègre les Forces Féminines de la France combattante dès son arrivée à Nairobi.
En Tanzanie, elle contribue à une émission radio destinée à Madagascar par laquelle elle transmet des directives et instructions essentielles pour les efforts de guerre contre l’Axe.
Après le basculement de Madagascar du côté des Alliés à la fin de l’année 1942, Hélène Legros retourne sur l’île en 1943 et y poursuit son travail avec les Forces Françaises Libres.
Son implication contre le gouvernement de Vichy la conduit à une condamnation à mort à Madagascar. Une peine qui n’est finalement pas appliquée.
Sa détermination et son engagement profond dans la lutte pour la liberté sont reconnus des années plus tard et elle obtient la Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre.
- Lucile Germaine Peraldi
Née en 1924 à Cilaos, Lucile Germaine Peraldi se distingue en tant que conductrice ambulancière de la première armée française. Elle rejoint les forces de la France Libre à 19 ans.
Après la Libération, elle fait part de son insatisfaction en Indochine où son rôle se limite à transporter le courrier, et rentre en France hexagonale en 1947. Elle reprend alors sa profession d’institutrice et fonde une famille, tout en prenant soin d’apporter les leçons des horreurs de la guerre.
En 2010, elle est reconnue pour son dévouement “au péril de sa vie” et est décorée de la Légion d’honneur.
Jusqu’à la fin de sa vie, elle lutte pour une reconnaissance plus large des volontaires féminines. Lucile Peraldi s’éteint à Ouessant, en Bretagne, à l’âge de 94 ans.


