10 millions de Français, dont 81.000 Réunionnais, ont voté pour le RN

Le premier tour des élections législatives anticipées a été marqué par une mobilisation importante des électeurs. 66,71% des inscrits sont allés couleur leur bulletin dans l'urne ce dimanche. Au terme du scrutin, le RN obtient 29,24% des suffrages exprimés, soit plus de 9,3 millions de votes, auxquels s'ajoutent 1,2 million de voix en faveur des candidats soutenus par l'alliance d'extrême-droite. Le RN devient le premier parti de France et pourrait obtenir la majorité à l'Assemblée nationale ce dimanche.
La France est clairement divisée en trois blocs au soir du premier tour. Le RN avec 29,24%, le Nouveau Front populaire avec 27,99% et le parti présidentiel avec 20,04% des voix. L'extrême-droite totalise 33% des voix, la gauche 31%. La droite traditionnelle ne représente plus que 10% des électeurs.
La Réunion compte aussi un peu plus de 81.000 électeurs qui ont fait le choix du Rassemblement national. Le RN a pour la première fois des représentants au second tour. Ils seront présents sur l'ensemble des sept circonscriptions dans des duels contre des élus de gauche.Les plateformes progressistes divisées sur quatre des sept circonscription seront unies pour le scrutin de ce dimanche afin de faire barrage au Rassemblement national.
Colère et ras-le-bol
La mobilisation des électeurs a donc largement profité au Rassemblement national même si l'union de gauche a aussi progressé. C'est surtout le parti présidentiel qui a été sanctionné et qui perd près de 5 points comparé au premier tour des Législatives de 2022. La colère des électeurs à l'encontre du parti présidentiel voit les blocs des deux extrêmes avancer dans les urnes. Mais le ras-le-bol envers les formations politiques traditionnelles qui ont été au pouvoir par le passé et qui composent le Nouveau Front populaire se fait aussi sentir, au point que le RN sort en tête malgré un projet incendiaire, notamment au niveau de l'immigration.
Un vent de contestation a donc soufflé dans les bureaux de vote de France et le Rassemblement national qui joue fortement sur une dédiabolisation lancée il y a de nombreuses années espère capitaliser ce dimanche et prendre les rênes du gouvernement. L'extrême droite est aux portes du pouvoir et pourrait s'approcher de la majorité absolue avec 37 députés déjà élus, dont Marine Le Pen, et des projections qui voient le RN et ses alliés obtenir au total environ 280 des 289 sièges nécessaires pour contrôler les lois du pays sans contestation.
La colère noire des électeurs les pousse à faire fi de l'histoire très sombre du RN, autant au niveau de ses membres fondateurs, que sa rhétorique xénophobe ou encore les déclarations racistes et homophobes de ses candidats lors de la campagne actuelle et même le racisme décomplexé d'une partie de ses soutiens.
Un appel à faire barrage contre l'extrême-droite a été lancé au niveau national comme local. Le NFP se désistera des triangulaires où son candidat est troisième et le parti présidentiel a déjà choisi de retiré une soixantaine de candidats. La droite traditionnelle maintient sa position ni-RN, ni-LFI.


