Yolaine Costes: "Je veux faire rayonner l'océan Indien"

Zinfos974: L'ambiance à Saint-Paul hier, est elle encourageante pour la mobilisation des Réunionnais pour les élections européennes?
Yolaine Costes: Une fois que les gens ont compris ce que sont les élections européennes et la proximité que nous avons avec l'Europe, en terme d'infrastructures, par exemple, ils comprennent l'importance de ce scrutin et font eux-même campagne. Le 25 mai il y aura la fête des mères, de nombreuses communions, le dernier jour du Sakifo... nous avons en effet un cumul des handicaps pour un vote ce jour-là, mais dès que l'on explique son importance, c'est bon.
Ce meeting n'est que le premier, comment organisez-vous cette campagne?
Il y a tout d'abord un manque d'information. Pour faire prendre conscience de l'impact de l'Europe, il y a les réunions publiques, la communication... mais se déplacer secteur par secteur permet de cibler les soucis de chacun. Pour les agriculteurs, par exemple, nous voulons les rassurer quant à l'avenir de la filière canne à sucre et les aides du POSEI (Programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité, ndlr). Ils ont besoin d'informations spécifiques à leur branche économique pour comprendre ce qui est en place et ce qui peut changer. Les entreprises, elles, s'intéressent à la gestion du FEDER (Fonds européen de développement régional, ndlr) qui passe de l’État à la Région, et à l'octroi de mer. Nous devons les impliquer dans ces décisions.
Quelles sont donc les grandes lignes de votre programme?
L'emploi et l'emploi des jeunes sont au cœur du combat, avant tout. Pour cela il faut une meilleure utilisation des fonds européens pour combattre le chômage. Cela fait 25 ans que La Réunion profite des fonds de cohésion dédiés aux régions les plus pauvres, soit 5 milliards d'euros. Mais je demande à ce que nous ayons accès aux autres fonds également, comme les fonds transversaux qui ne sont pas faits pour les régions en retard. Je parle des fonds sur la recherche et l'investissement, par exemple, ou le MIE (Mécanisme pour l'interconnexion en Europe, ndlr) pour le réaménagement des ports et aéroports.
Un autre regard doit être porté sur l'océan Indien, Mayotte et La Réunion, car nous avons de réels potentiels, comme nos valeurs, la biodiversité, les atouts de notre jeunesse... Il s'agit d'ouvrir La Réunion au monde, à l'Europe et l'océan Indien, de réconcilier l'histoire et la géographie. Je veux faire rayonner l'océan Indien.
Qu'est ce qui vous différencie des autres candidats?
J'ai une vraie conviction européenne. A la Région, je pense avoir été dans suffisamment de conseils régionaux et avoir travaillé avec l'Europe pour bien la connaître. Je fais aussi partie du PPE (Parti populaire européen, ndlr) qui a le plus de parlementaires. Je veux faire comprendre à Bruxelles que nous avons une voix.
Si je suis élue, je devrais laisser de côté mon poste de vice-présidente à La Région ou d'adjointe à la mairie de l’Étang-Salé.
Pourquoi est-il important pour les citoyens réunionnais d'aller voter le 25 mai?
Plus le taux d'abstention est faible, plus le parlement sera légitime. Il faut que les citoyens votent pour être véritablement représentés. S'ils ne prennent pas leur place, c'est la technocratie qui s'installe. Un député n'est pas seulement une figuration mais quelqu'un qui peut réellement orienter l'Europe.
L’Union Européenne c'est nos routes, nos ports, nos lycées, le soutien économique, les emplois, l'agriculture, la pêche... Où serions-nous sans l'Europe? Si elle ne correspond pas à vos attentes, votez pour un député qui pourra avoir un impact sur toutes ces choses-là.


