Street art : Saint-Benoit veut devenir un musée à ciel ouvert avec son projet "ARTgèt"

D'ici la fin du mois d'octobre, Saint-Benoît accueillera cinq artistes locaux qui investiront les murs de Bras-Fusil pour créer six œuvres monumentales. Ce projet, piloté par Anne Chane Kaye Bone, adjointe à la culture, s'inscrit dans une dynamique participative. En plus des fresques, des ateliers d'initiation à l'art visuel seront proposés aux habitants, les impliquant directement dans le processus créatif.
"Argèt était un mot couramment utilisé par nos anciens pour dire 'regarde'. L'idée était de choisir un nom qui évoque à la fois l'art (en ajoutant le T) et notre culture réunionnaise. Le terme doit certainement parler aux gramounes ! Pour la jeune génération, c'est peut-être la découverte d'un nouveau mot en créole", explique Anne Chane Kaye Bone.
Un hommage à la culture réunionnaise
Les fresques, réalisées à Bras-Fusil par des graffeurs reconnus tels que Méo, KES, Kid Kréol, Boogie et Kaf, ainsi que par la calligraphe Stéphanie Lebon, mettront en avant le thème "Maloya mon fanal". Cette initiative rend hommage à deux figures emblématiques du maloya et de Saint-Benoît, Françoise Guimbert et Gramoun Lélé.
Le projet vise à créer un parcours artistique racontant l'histoire réunionnaise et bénédictine, à travers des œuvres qui embellissent le paysage urbain. Des capsules audio et vidéo devraient à terme accompagner ces créations, offrant une plongée dans l'histoire de Bras-Fusil et de La Réunion. "L'idée est de rendre l'art accessible en l'amenant au plus près du public, mais aussi d'embellir l'image de ces quartiers en les dynamisant à travers le street art", précise Anne Chane Kaye Bone.
Un avenir prometteur pour le street art à Saint-Benoît
ARTgèt ne s'arrête pas là : jusqu'en 2026, d'autres fresques seront réalisées dans divers quartiers de Saint-Benoît, explorant des thèmes variés comme la botanique avec l'héritage de Joseph Hubert (à Girofles), la canne à sucre (à Beaufonds) ou encore les espèces marines et l'histoire maritime (dans le secteur de Butor). L'objectif est de doter chacun de ces quartiers de quatre à cinq fresques. Ce projet ARTgèt vise à enrichir le patrimoine culturel de la ville tout en rendant l'art accessible à tous, à l'image de ce qui s'est fait à Saint-Denis, Le Port, Saint-André ou encore Saint-Paul. "L'idée, c'est de partir d'un personnage bénédictin et d'élargir vers des éléments de l'histoire réunionnaise. À terme, nous souhaitons développer un véritable parcours pédagogique et de découverte en parcourant ces quartiers et en apprenant aussi bien sur leur histoire que sur celle de La Réunion", conclut Anne Chane Kaye Bone.
Le projet ARTgèt pourrait bien marquer le début d'une nouvelle ère pour Saint-Benoît, où le street art devient un moyen d'enrichir le paysage urbain. À travers ces fresques, la commune pourrait non seulement dynamiser ses quartiers, mais aussi attirer un public curieux et sensible à la culture urbaine.





