Voyage en Thaïlande, boutique de cannabis et études : une jeune femme derrière les barreaux

Soupçonnée d’avoir trempé dans le trafic de stupéfiants d’une connaissance, Nancy L. a vu la cour d’appel statuer sur une hypothétique libération. Condamnée en première instance, la jeune femme a fait appel de la décision et doit être fixée sur son sort le 12 février prochain.
L’année dernière, un équipage de gendarmerie est alerté par une odeur étrange : ça sent à plein nez le cannabis. La fragrance émane d’un pavillon, et les militaires décident d’aller y jeter un œil. Sur place, ils trouvent un individu qui ne nie absolument pas ce qu’il se passe ici. On a affaire à une boutique péi de revente de cannabis, avec panneau indiquant les prix et leur provenance.
Dans ce pavillon se trouve une jeune femme, dans une pièce qui fait office de séjour et de préparation de la marchandise. Face aux gendarmes, elle bafouille quelques mots, laissant à penser qu’elle est étrangère. Or, quand l’équipage se dirige vers ce qui semble être un porte-monnaie, Nancy L. révèle qu’elle parle parfaitement la langue de Molière, en leur signalant que cela lui appartient.
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Une condamnation en première instance au tribunal de Saint-Pierre plus tard, Nancy L. fait appel de la décision. Ayant écopé de 18 mois de détention, elle est dans l’attente de la décision, prévue pour le 12 février. C’est ainsi que ce jeudi 29 janvier, elle formule une demande de libération, sur laquelle les magistrats doivent statuer.
Une volonté de « poursuivre ses études »
Sans la présence de son avocat, la jeune femme motive cette demande de libération ainsi : selon elle, les conditions de détention dans le quartier pour femmes sont particulièrement difficiles, entre la promiscuité et le manque d’hygiène. Nancy L. explique qu’elle souhaite sa libération pour poursuivre son cursus en master 2.
La jeune femme, également consommatrice de cannabis, explique que le trafiquant est un copain à elle. Souhaitant trouver un stage et évoquant le fait qu’elle a raté la rentrée universitaire à cause de la procédure, la cour rappelle par ailleurs que son casier judiciaire demeure vierge.
« C’est une petite rusée »
Or, ses motivations ne sont pas au goût du ministère public. Dans son réquisitoire, la procureure générale détaille les bénéfices tirés par Nancy L. grâce à ce « petit » trafic : une estimation à 16 000 euros, sans compter une nouvelle voiture et un ordinateur offerts par le simple « copain ».
Par ailleurs, le ministère public explique que Nancy L. avait un voyage prévu en Thaïlande qui coïncidait avec la date de la rentrée universitaire. Comment le sait-on ? Les dates de vacances étaient écrites sur le panneau des produits. Certes, « c’est une primo-délinquante, mais elle s’est jetée sur le trafic de stupéfiants pendant un an », précise la procureure.
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Face au discours de Nancy L., la magistrate alerte la cour : « C’est une petite rusée ». Pour preuve, elle relate comment, lors d’une perquisition au foyer familial de la jeune femme et de la découverte de 3 000 euros au domicile, cette dernière a demandé à sa mère de dire que l’argent était à elle. Peut-être est-il difficile d’envisager qu’une étudiante sans revenus, hormis la bourse, dorme sur une telle somme en numéraire…
Cadre "pédagogique"
Enfin, le ministère public explique que les garanties de représentation de Nancy L. ne sont pas assurées : elle vivrait effectivement dans trois domiciles différents (sa chambre du CROUS, le foyer familial avec sa mère et chez son « copain »). Il demande donc à la cour de rejeter cette requête.
Prenant la parole en dernier, l’étudiante explique que ce voyage en Thaïlande évoqué dans la procédure était convenu et connu de sa professeure, et qu’il entrait dans un cadre pédagogique, tout en s’excusant à la barre.
La cour a décidé de maintenir Nancy L. en détention jusqu’au délibéré de son audience en appel, le 12 février prochain.


