Affaire Yannis Bley : malgré la "bataille" annoncée, l'audience finalement renvoyée

Yannis Bley, soupçonné d'être à la tête d'un vaste trafic de stupéfiants, et après l'appel formulé par le parquet l'année dernière, devait être jugé ce jeudi 29 janvier. Cependant, son avocate n'a pas pu venir à La Réunion... pour cause de soucis de santé.
On croit halluciner quand, à 8 heures du matin, un défilé de policiers circule à vive allure en direction de la cour d'appel située rue Juliette-Dodu, à Saint-Denis. Sur notre île, c'est un spectacle réservé habituellement aux membres du gouvernement, voire aux grands criminels, d'être escortés de la sorte lors d'une visite. Mais ce matin, un dispositif impressionnant de policiers et de gendarmes était en place au sein du bâtiment judiciaire.
Car l'homme assis dans une voiture de l'administration pénitentiaire est considéré comme un gros bonnet du trafic de stupéfiants. Une telle escorte était donc réservée à Yannis Bley, jeune homme originaire de Créteil, condamné à six ans de prison en première instance. Il est notamment considéré comme un détenu particulièrement surveillé…
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Lui, en plus cinq autres personnes, devaient être jugés en appel à la suite d'un premier procès le 5 septembre dernier. Pour faire un bref rappel des faits, en 2023, l'interpellation d'une mule a abouti à faire tomber un réseau qui brassait gros : « le superviseur », Yannis Bley, avait été retrouvé en possession de coquettes sommes d'argent et de pas mal de produits stupéfiants.
Une avocate souffrante
Donc, s'ouvre le procès de Yannis Bley et de cinq autres personnes, soupçonnées d'être impliquées de près ou de loin à ce trafic de stupéfiants. Ce qu'il faut comprendre, c'est que cette audience en appel émane d'une volonté du ministère public, qui a estimé que les peines ne reflétaient finalement pas les faits reprochés. En effet, en première instance, 12 ans d'emprisonnement avait été requit à son égard.
Mais en préambule de l'audience, la présidente explique que l'avocate de Yannis Bley a envoyé, la veille, un certificat médical signifiant son absence. Impossible pour cette dernière de faire la dizaine d'heures de vol vers Saint-Denis pour défendre les intérêts de son client.
La situation fait grincer des dents, pas seulement du côté du ministère public. Bien qu'ils puissent disjoindre les dossiers et ainsi juger séparément les divers protagonistes, les avocats de la défense ont unanimement accepté le renvoi du dossier. Pour eux et la procureure générale, il est évident que ce dossier doit être instruit "en présence de tous ces acteurs".
Les prémices d'une « bataille » à venir
Décision prise de « créer » une nouvelle audience le vendredi 6 février, en présence de tout le monde. Vient alors le débat sur les régimes de détention, car sur les six personnes mises en cause, seule l'une d'elles est sous contrôle judiciaire.
Une « petite » semaine donc, alors que le ministère public requiert le maintien en détention des cinq hommes, en plus de Yannis Bley. Vient alors le tour des avocats de la défense de prendre la parole. Dès la première plaidoirie, l'un d'eux s'interroge : "pourquoi demander une libération quand on sait de facto qu'elle ne sera pas accordée ?" Le match semble à sens unique, et la robe noire promet « une bataille », « un duel » d'anthologie face au « teasing » du ministère public, qui a évoqué dans ses réquisitions quelques éléments de la procédure.
Les détentions demeurent, rendez-vous dans une semaine pour le match retour.


