Vol dans une boutique : ils ôtent le pantalon du suspect pour l'empêcher de fuir

Le 28 septembre dernier, il est 17 h lorsque Jean B. débarque dans une boutique de Sainte-Marie. Ses intentions sont on ne peut plus claires puisqu'il porte une cagoule dissimulant son visage. Il tombe face à face avec le propriétaire qui se bat avec le mis en cause qui finalement n'est pas seul. Le commerçant, qui protège son fond de caisse, est pris à partie par les deux individus qui parviennent à s'enfuir une première fois. La victime appelle son neveu qui se joint à lui pour poursuivre les deux agresseurs. Ils finissent par en retrouver un. Pour l'empêcher de fuir, ils l'immobilisent en lui ôtant son pantalon et appellent les gendarmes qui l'interpellent. Il est en possession de 60 euros et d'une meuleuse qu'il a volée dans la camionnette du boutiquier. L'homme est placé en garde à vue et jugé ce lundi dans le cadre de la comparution immédiate.
À la barre, s'il s'excuse, le prévenu ne peut se justifier au sujet de la cagoule et de ses intentions : "On m'a volé ma moto et j'avais besoin d'argent pour en acheter une autre pour emmener mon fils à l'école", indique-t-il au tribunal, niant au passage les violences sur la victime, mais demandant l'indulgence du tribunal. En effet, la présidente oppose à cela un argument de poids : 29 mentions à son casier judiciaire, dont une grande partie pour vols aggravés ou des violences avec arme. "Il demande l'indulgence du tribunal, mais a-t-il été indulgent avec la victime qui a reçu une ITT de 15 jours", fustige le parquet qui tance "un acharnement du prévenu à se faire la victime", et requiert trois ans de prison dont six mois de sursis probatoire et le maintien en détention.
"Nous n'avons pas la même lecture de ce dossier", répond aussitôt la défense au parquet. "Les 15 jours d'ITT correspondent à une côte cassée qui a pu être occasionnée lors de la chute de la victime dans la bagarre. Il est clair que c'est un acte inacceptable, mais son cerveau a bugué", plaide la robe noire qui demande une peine aménageable. Notant des faits d'une particulière gravité eu égard au port de la cagoule montrant les intentions préméditées du prévenu, le tribunal prononce une peine de trois ans de prison dont un an de sursis et prononce le maintien en détention.


