Violences urbaines : des allocations soumises à un jugement ?

Patrice Selly s'est rendu à l'Elysée pour évoquer la situation des mineurs isolés qui joue un rôle important selon les élus dans les violences urbaines actuelles. Le maire de Saint-Benoît et président de la Cirest propose un durcissement des conditions d'attribution des aides de la CAF qui seraient à l'origine du problème, selon lui.
Le maire de Saint-Benoît, Patrice Selly, était à l'Elysée la semaine dernière. Il explique avoir évoqué plusieurs sujets, mais s'est particulièrement penché sur la problématique des violences urbaines qui se sont aggravées durant les vacances scolaires.
Lire aussi : nouveau couvre-feu pour les mineurs à Fayard
L'édile bénédictin a identifié les sources des tensions des dernières semaines et souhaite apporter une solution. Patrice Selly explique que le sujet des "mineurs isolés" est au centre de la question des heurts à Saint-Benoît et à Saint-André, notamment. Il s'agit de jeunes, venus de Mayotte, mais qui se retrouvent sans réel tuteur légal sur l'île. Une situation observée et corroborée par l'ancien préfet, Jérôme Filippini, lorsqu'il avait mis en place des mesures de prévention et de répression déjà au début de l'année dernière.
Le maire de Saint-Benoît explique que les mineurs peuvent être envoyés de Mayotte à La Réunion et les parents peuvent recevoir une aide de la CAF en signant une "simple" déclaration sur l'honneur. "Il n'y a pas de contrôle, il n'y a pas de surveillance", s'insurge-t-il.
Lire aussi : Un camp sauvage et un squat démantelés à Fayard
Patrice Selly préconise donc un renforcement du dispositif, similaire à celui en vigueur à Mayotte, où l'attribution des aides de la CAF est conditionnée à une décision du juge des affaires familiales.
"C'est aussi une façon de protéger ces mineurs parce qu'ils arrivent à La Réunion et ils échappent à toute responsabilité, à tout contrôle, à toute surveillance et ils sont livrés à eux-mêmes et commettent parfois des actes de délinquances sous l'influence d'adultes dans certains quartiers", conclut Patrice Selly.


