Violences sur sa compagne : "Je n’ai pas grand chose à dire pour ma défense"

Le 1er décembre, la police intervient au domicile d’une jeune femme pour des faits de violences. Elle vient de subir le courroux de son petit ami qui, en plus de vivre chez elle sous bracelet électronique, passe ses nerfs sur elle lorsqu’il boit.
Interpellé puis placé en garde à vue, il est contrôlé avec un taux de 0,37 mg/l d’air. Ce soir-là, il vide une bouteille de whisky et devient diabolique. Tout y passe, coups de poing, coup de pied, insultes dégradantes. Il n’en est pas à son coup d’essai. Comme elle l’explique lors de son audition, il a commencé à la battre un mois après leur rencontre.
C’est le troisième épisode de violence à son actif depuis le début de l’année 2020. « Je me suis laissé emporté », indique-t-il au président. Quelque peu lancinant à la barre, se retournant sans cesse vers la victime présente à l’audience et faisant montre d’un certain je m’en foutisme, il lâche au président : « Je m’excuse, je ne voulais pas en arriver là mais, je n’ai pas grand chose à dire pour ma défense ». Fin de l’histoire !
« Elle pensait vivre une belle histoire d’amour et au lieu de cela, elle vit un enfer depuis le début. Elle est bi-polaire et depuis, elle a sans cesse des crises d’angoisse. Elle vit dans la peur, elle ne veut plus le voir, elle ne veut plus de lui. Je vous demande une interdiction de contact et 2000€ de dommage pour le préjudice moral », indique la partie civile.
"Il faut que cela produise son effet"
Bien échauffée par l’affaire qui a précédé, la procureure enchaine : « Il est sous bracelet depuis le mois de mai ! Vous croyez que ça l’a calmé ? Pas du tout ! Il n’intègre pas le fait qu’il doit changer. Ce sont ses troisième faits de violences depuis le début de l’année ! Son comportement est intolérable. Je demande une peine de 2 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire ainsi que la révocation de son sursis en cours. Pour la partie ferme, je demande un mandat de dépôt ».
Pas facile pour la défense qui indique malgré tout que « c’est toujours la même cause : l’alcool ! Il suit des soins depuis très peu de temps, il faut que cela produise son effet, il faut lui laisser du temps. La mise en place d’une interdiction de contact est une bonne chose pour eux. Pour autant, il respecte ses obligations, le mandat de dépôt n’est pas nécessaire dans son cas ».
Jiody O. va se souvenir de son passage devant le tribunal. Il est condamné à une peine de 2 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire. Le président révoque l’intégralité de son sursis en cours de 10 mois et décerne un mandat de dépôt à son encontre. Il lui est interdit de s’approcher de la victime et il devra lui verser 1500€ au titre des dommages.


