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Violence carcérale : "Une peine lourde, mais juste"

Ecrit par Labrousse Régis – le jeudi 12 décembre 2024 à 11H28

Le 15 novembre dernier, un agent pénitencier était violemment agressé par un détenu au centre de détention du Port. Le détenu lui avait porté plusieurs coups de fourchette au visage, alors qu'il venait lui parler à sa demande. Âgé de 45 ans, il était jugé ce mercredi 11 décembre dans le cadre d'une comparution immédiate.

Les faits qui se sont produits à la prison du Port le 11 novembre dernier sont symptomatiques de l'ultra violence qui grandit dans la société. Alors qu'il venait pour tenter de l'aider, un chef de détention de la prison du Port s'est vu asséner cinq coups de fourchette sans raison apparente. Le détenu, Claude G., avait demandé à le voir en raison du non-versement de son allocation adulte handicapé. À son arrivée, il constate que le détenu est très énervé. Il entre dans la cellule et sans aucune forme d'avertissement, il reçoit plusieurs de fourchette au visage.

"C'est un acte de violence gratuit"


Une collègue présente sera également blessée en recevant la porte de la cellule que le détenu referme violemment en la poussant. Il faudra l'intervention de deux agents et de deux détenus venus les aider pour maitriser l'agresseur. Claude G. sera ensuite transporté à l'EPSMR avant d'être placé en garde à vue. À la barre, il n'a pas d'explication : J'étais en colère, je n’ai pas pu me retenir. Je regrette", seront ses seules paroles. "Je n'ai pas compris pourquoi, c'est un acte de violence gratuit", répond l'agent présent à l'audience. L'expertise réalisée sur le prévenu indique une impulsivité et une intolérance à la frustration, mais pas de dangerosité. L'expert conclut qu'il est accessible à une sanction pénale.


"Des coups puissants et déterminés"


"Les agents ne sont pas là pour subir les psychoses des détenus. Leur intégrité physique est constamment menacée. Ces actes sont intolérables", fustige la partie civile. De son côté, le parquet reconnait "un métier difficile, exposé aux dangers, dû au contact des détenus". La magistrate relève "une reconnaissance des faits, mais des explications insuffisantes". Le parquet note "des coups puissants et déterminés" du prévenu qui, au regard des faits, devra recevoir "une peine lourde, mais juste". À ce titre, la procureure requiert 3 ans de prison.

"Ce qu'il a fait est inacceptable, mais on doit comprendre pourquoi il a agi comme ça", répond la défense. Selon la robe noire, "il souffre d'un trouble de santé mentale. Il s'énerve, car il n'a pas touché son allocation, ce qui constitue un élément essentiel de sa vie en détention. Pour lui, cette somme représente beaucoup. Il a des problèmes cognitifs, il n'a pas la capacité de se retenir comme les gens normaux", plaide la robe noire qui conclut : "On ne doit pas en faire un symbole à titre d'exemple".

Après délibération, le prévenu, déjà détenu pour autre chose, est condamné à 2 ans de détention avec mandat de dépôt à l'audience.

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"FO justice se satisfait de la réponse pénale donnée aujourd'hui par la juridiction de Saint-Denis. Ces deux affaires d'aujourd'hui sont symptomatiques des difficultés actuelles dans les établissements pénitentiaires de la réunion. La violence d'abord omniprésente avec un taux de surpopulation record dans les établissements, qui en est la conséquence, avec également l'augmentation des trafics… La prise en charge psychiatrique sans moyen adaptée dans notre département, car on ne peut pas écarter le fait que les deux détenus qui étaient aujourd'hui au tribunal présentent des troubles du comportement. Conjugué à ces problématiques, le manque criant de personnels au centre pénitentiaire de Saint-Denis et au centre de détention du port rend la situation encore plus difficile. Nous sommes inquiets pour les mois à venir", indique Vincent Pardoux, secrétaire régional FO Pénitentiaire, à l'issue de l'audience.

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