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Vie chère : Philippe Naillet interpelle le patron de GBH à l'Assemblée

Ecrit par J.D – le mercredi 2 avril 2025 à 19H28

Lors de l’audition de Stéphane Hayot, directeur général du groupe Bernard Hayot (GBH), ce mercredi matin à l’Assemblée nationale, le député de La Réunion Philippe Naillet a mis sur la table la question du poids du groupe dans les Outre-mer. Marges, ristournes, promotions : un échange musclé sur fond de vie chère.

C’est un face-à-face qui en dit long sur les tensions autour de la vie chère dans les territoires ultramarins. Devant la commission des affaires économiques, Philippe Naillet, député socialiste de La Réunion, a interpellé sans détour Stéphane Hayot, dirigeant du groupe GBH. « La vie chère affecte durablement nos concitoyens d’Outre-mer, et elle découle de logiques d’économie de comptoir qui perdurent. » Le député a rappelé que le groupe fondé en 1960 à la Martinique est devenu un conglomérat tentaculaire présent dans 19 territoires, avec un chiffre d’affaires proche de 5 milliards d’euros.

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« GBH en fait l’un des principaux contributeurs à la vie chère »

Philippe Naillet a ensuite évoqué les pratiques commerciales du groupe, jugées opaques : « J’ai fait adopter un amendement pour renforcer la transparence sur les marges arrière. À La Réunion, 36 % de taux de pauvreté, 36 % d’écart de prix sur l’alimentaire avec l’Hexagone. Il faut le dire clairement : le pouvoir de marché dominant du groupe GBH en fait l’un des principaux contributeurs à la vie chère. » Le député a aussi cité la marge commerciale du groupe – 1,7 milliard d’euros, soit 35 % du chiffre d’affaires – et les dividendes versés aux actionnaires : 19 millions d’euros en 2022, 8 millions en 2023.

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Face à lui, Stéphane Hayot s’est défendu en appelant à nuancer les chiffres. « Comparer les marges de l’ensemble de notre groupe à celles d’un seul secteur n’a pas de sens. Nous faisons plusieurs métiers. Sur l’alimentaire, nos magasins affichent 24 % de marge : 18 % en marge avant, 6 % en marge arrière. Et ces 6 % sont entièrement reversés aux magasins. »

« Les marges arrière ne sont pas une invention de l’Outre-mer ni de GBH »

Le dirigeant a aussi tenu à contextualiser : « Les marges arrière ne sont pas une invention de l’Outre-mer ni de GBH. Elles sont même plus élevées en métropole : de l’ordre de 12 %, contre 5 à 7 % chez nous. »

Sur les promotions, Philippe Naillet s’inquiète du poids qu’elles peuvent faire peser sur les fournisseurs, notamment locaux. Stéphane Hayot lui répond que les efforts sont partagés. « Quand nous faisons des promotions, le fournisseur baisse son prix, et le distributeur réduit sa marge pour amplifier l’effet. C’est ce qui permet des baisses significatives. » Il ajoute que toutes les remises de fin d’année (RFA) sont intégrées dans les prix affichés en magasin.

Le député Philippe Naillet n’a pas obtenu toutes les réponses. Mais l’échange, tendu par moments, aura permis de mettre en lumière les enjeux d’un secteur stratégique et les attentes fortes des élus ultramarins en matière de transparence.

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