Sommé de publier ses comptes, le groupe Bernard Hayot dans la tourmente

Prévue fin d'année dernière, l'audience sur la publication des comptes annuels du groupe Bernard Hayot a de nouveau été renvoyée. Sous les feux des projecteurs, le géant de la distribution et de l’automobile antillais reconsidère sa stratégie.
Les comptes annuels consolidés tant attendus ont finalement été déposés, mais quelques heures avant l'audience pourtant déjà renvoyée en décembre dernier. Le groupe Bernard Hayot, assigné en justice, a été sommé de publier ses comptes.
Une assignation à l'initiative de quatre lanceurs d'alerte qui accusent dans une plainte le leader de la grande distribution aux Antilles de bafouer les règles de la concurrence “par des ententes secrètes”. Des pratiques qui relèveraient de faits d'"entente" et d'"abus de position dominante" alors que les denrées alimentaires sont en moyenne 40% plus chère dans les Antilles que dans l'Hexagone. L'article de Libération démontrant les “marges exorbitantes “ du groupe Bernard Hayot, omniprésent dans les Outre-mer, a également inspiré le dépôt de cette plainte.
En savoir plus : Le Groupe Bernard Hayot visé par une plainte pour abus de position dominante
Reste que ce jeudi 23 janvier, à l'audience, seul le justificatif de dépôts des comptes consolidés a été transmis, dénonce un des avocats des lanceurs d'alerte, qualifiant la démarche de “malicieuse”. Les comptes consolidés permettent de donner un bilan global et objectif de l'état financier d'une entreprise. Pour prendre le temps de vérifier et de les consulter, une nouvelle audience a été décidée pour le 13 février prochain.
GBH renonce à un rachat
Interpellé à l'Assemblée nationale ce mercredi 22 janvier sur les marges de la grande distribution en Outre-mer, Manuel Valls avait pointé “des groupes très performants, voire un grand groupe très performant, qui joue souvent un rôle d'étouffement de l’économie et du pouvoir d’achat”.
Dans ce contexte dans lequel tous les feux des projecteurs sont braqués sur lui, GBH a confirmé au quotidien La Lettre, renoncer au rachat de la branche ultramarine du géant Sonepar. Ce géant du matériel électrique a été épinglé en octobre dernier par l'Autorité de la concurrence pour "entente verticale" entre les fabricants Schneider Electric et Legrand, et les distributeurs Rexel et Sonepar, de 2012 à 2018, relatait Sud-Ouest. En tant que distributeur qui “préservait ses marges”, Sonepar a écopé d'une amende de 96 millions d'euros.


