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Vie chère à La Réunion : la CGTR réclame des mesures immédiates pour les travailleurs

Ecrit par L.G. – le jeudi 7 mai 2026 à 19H07
Jacky Balmine, secrétaire général de la CGTR

Face à une vie chère qu’elle qualifie de « système », la CGTR réclame des mesures immédiates pour les travailleurs réunionnais, dénonçant des salaires trop faibles, un coût de la vie élevé et des inégalités persistantes avec l’Hexagone.

La Confédération générale du travail de La Réunion revient à la charge concernant la vie chère à La Réunion. À l’occasion d’une conférence de presse organisée à Montreuil, en région Île-de-France, avec les organisations syndicales ultramarines de la CGT, le syndicat réunionnais a dénoncé un « système » qui pénalise durablement les habitants de l’île. Salaires trop faibles, coût de la vie élevé, difficultés d’accès au logement ou encore inégalités territoriales : la centrale syndicale réclame des réponses rapides de l’État.

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La vie chère continue de cristalliser les tensions à La Réunion. Réunie le 29 avril dernier au siège de la CGT à Montreuil, la CGTR a participé à une conférence de presse consacrée aux difficultés économiques dans les territoires ultramarins, aux côtés de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, ainsi que des représentants syndicaux de Mayotte et de Martinique.

Dans un communiqué partagé ce jeudi 7 mai, la CGTR estime que « la vie chère n’est pas un accident, c’est un système ». Le syndicat souligne que les difficultés rencontrées à La Réunion dépassent largement la seule question de l’alimentation. « Cette vie chère ne se limite pas au panier alimentaire. Elle touche les salaires, l’emploi, le logement, les transports, la continuité territoriale, les services publics, les conventions collectives, les aides publiques et les marges des grands groupes », affirme l’organisation.

« Les Réunionnais paient plus cher avec des revenus plus faibles »

La CGTR pointe d’abord les écarts de revenus entre La Réunion et l’Hexagone. Selon le syndicat, « le salaire médian est de 1.780 euros nets, contre 2.190 euros dans l’Hexagone », alors que « se nourrir coûte 37 % plus cher ». « Autrement dit, les Réunionnais paient plus cher avec des revenus plus faibles », insiste le communiqué.

Pour la centrale syndicale, cette situation a également des conséquences directes sur les retraites. « Des salaires plus bas entraînent mécaniquement des pensions plus faibles », rappelle la CGTR, qui réclame une augmentation immédiate des salaires, des minima sociaux, des retraites et des bourses étudiantes. « Ce n’est pas une revendication de confort : c’est une revendication de dignité », martèle le syndicat.

La question de l’emploi occupe également une place centrale dans les revendications. La CGTR rappelle que le chômage touche 17 % de la population active, soit deux à trois fois le niveau de l’Hexagone.

« Il ne peut y avoir de République sociale à deux vitesses »

La CGTR réclame également « l’application pleine et entière des conventions collectives nationales à La Réunion ». Selon le syndicat, « trop de salariés réunionnais disposent encore de moins de garanties, de protections et de reconnaissance que des salariés exerçant le même métier dans l’Hexagone ».

« Pour la CGTR, il ne peut y avoir de République sociale à deux vitesses : à travail égal, droits égaux. À qualification égale, reconnaissance égale », poursuit l’organisation locale sous la plume de son secrétaire général Jacky Balmine.

Le syndicat évoque aussi la crise du logement, rappelant que plus de 50 000 demandes de logement restent en attente sur l’île. « Le logement devient une machine à fabriquer de la précarité et de la vie chère », estime-t-il.

Autre sujet de tension : les transports et la continuité territoriale. La CGTR compare notamment les financements accordés à la Corse et à l’Outre-mer. « La Corse bénéficie de 187 millions d’euros par an, tandis que l’ensemble des Outre-mer doit se partager seulement 76,8 millions d’euros », souligne le communiqué en comparant les aides à la mobilité entre territoires hors du continent.

Transparence sur les marges des grands groupes

Enfin, la CGTR réclame davantage de contrôle sur les marges pratiquées par les grands groupes de distribution et d’importation. « Ceux qui contrôlent l’importation, les centrales d’achat, la logistique et la distribution contrôlent donc une partie déterminante du pouvoir d’achat des familles réunionnaises ». Le syndicat demande notamment « la transparence sur les marges des grands groupes » avec « un OPMR doté de véritables pouvoirs » ainsi qu’une révision du bouclier qualité-prix.

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Au total, la CGTR formule plusieurs revendications immédiates, parmi lesquelles une hausse de 200 euros des salaires, retraites et minima sociaux, un « droit effectif au retour pour les jeunes Réunionnais formés ailleurs » ou encore « une véritable politique du logement ».

« La vie chère n’est pas une fatalité. Elle est le produit d’un système. Et ce système doit être combattu », conclut la CGTR.

Etiquettes : CGTR | Vie chère

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