Vert mais pas franco-vert
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Ce monsieur explique qu’il a constitué un comité qui s’exprimera sur un site communal. Au nom de la démocratie interactive, il fera y connaître l’opinion des saint-paulois et les élus devront obtempérer sans passer par leur parti explique-t-il.
Je ne suis pas contre le développement de la démocratie participative et l’ouverture d’un dialogue entre élus et électeurs. Ce dialogue débute avec la campagne électorale. La population est informée des projets des candidats. Elle s’en imprègne, les discute et fait son choix Le débat continue après l’élection. Le sieur Franco préconise un autre mécanisme qui, grosso-modo, fait des futurs élus des otages.Il ne veut pas instaurer un dialogue mais construire un moyen pour faire pression sur les élus.
Le mode de fonctionnement qu’il propose doit engager les futurs élus. Cela suppose que toutes les composantes de la liste se mettent d’accord entre elles pour développer une telle pratique. Celle-ci –aussi légitime soit-elle, ne peut être imposée de l’extérieur, par une tierce personne qui n’a aucune légitimité. Ce sont les engagements mutuels contractés entre les membres de la liste qui font foi et non les préconisations d’un seul citoyen. Sinon ce serait, excusez-moi, du mot : du terrorisme.
Par ailleurs, puisqu’elle est appelée à intervenir, la population doit prendre connaissance du nouveau mécanisme proposé. On doit le lui présenter, expliquer. La campagne électorale est un bon moment pour cela. Si elle adhère au projet, Mme Bello doit l’inscrire dans son programme.
Et puis, s’agissant d’une initiative pour développer les pratiques démocratiques, elle ne peut être proposée qu’à une seule liste. En limitant son champ d’action à la seule liste d’union de gauche, Antoine Franco rend sa démarche suspecte. Je ne demande s’il n’agit pas au nom d’un parti qui veut affirmer son hégémonie sur les autres composantes de la liste et les obliger à se mettre à ses ordres ? Ne veut-on pas plus particulièrement faire taire les élus verts dont on sait qu’ils n’ont pas leur langue dans leur poche ? Qui a intérêt à cela ?
Mme Bello expliquera sans doute l’opération dont Antoine Franco dit qu’elle patronne. Pour ma part, j’espère que les élus verts sauront refuser d’être les marionnettes de personne, à commencer d’un comité monté à la va-vite uniquement pour servir des préoccupations personnelles et partisanes.
JPE


