Vers une censure des appels à manifester sur Facebook par le gouvernement ?

Pendant l'été 2010, des apéros géants étaient organisés un peu partout en métropole par le biais du réseau social Facebook. A Nantes, l'apéro géant avait tourné au drame après la mort d'un des participants qui avait sauté d'un pont avec plus de 2,4 grammes d'alcool dans le sang.
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, avait réagi à l'époque dans un communiqué "i[les représentants des ministères, les préfets et les maires principalement concernés auront pour objet d'évaluer la mise en oeuvre des instructions déjà données aux préfets, de préciser les mesures permettant de faire face à ce type d'événements spontanés, de limiter les risques qu'ils font encourir notamment aux mineurs qui s'y rendent, et de coordonner la réponse des différents acteurs locaux]i".
De nouveau, Facebook était pointé du doigt après un autre accident survenu en Haute-Savoie après l'organisation d'une grève de lycéen (ndlr : par rapport à la réforme des retraites), Martial Saddier, député UMP, avait expliqué "i[Plusieurs lycéens ont organisé une grève, répondant à un appel lancé notamment de façon anonyme via le réseau social Facebook. Au cours de cette manifestation, une jeune fille a été très grièvement brûlée au visage alors qu'elle se trouvait à proximité d'un feu allumé par deux autres lycéens]i", dans une question au gouvernement portant sur l'anonymat dans les échanges sur Internet, le député UMP avait demandé "i[quels moyens pourraient être mis en oeuvre afin de pouvoir identifier plus facilement les auteurs de tels messages sur Internet, notamment au sein d'établissement scolaires]i".
b[Supprimer les appels à manifester illicites]b
La réponse du gouvernement est arrivée, il aurait pris "i[contact avec Facebook afin de mettre en place des procédures pour rappeler les règles en vigueur, pour éventuellement supprimer les appels à une manifestation illicite, et pour en identifier les auteurs]i". Le gouvernement n'a pas précisé si Facebook a répondu positivement à cette demande, mais il ajoute que "i[c'est par une coopération avec les réseaux sociaux, dans le cadre du droit existant, qu'une solution satisfaisante pourra être trouvée]i".
En France, le droit de manifester est reconnu, les "i[manifestations illicites]i" sont celles qui n'ont pas fait l'objet d'une demande d'autorisation auprès de la préfecture, le cas de la majorité des appels à manifester sur Facebook.
En juin, une proposition de loi avait été déposée, par le député UMP Marc Le Fur, visant à encadrer les manifestations organisées par le biais d'Internet, en obligeant à désigner les organisateurs qui devront assumer la responsabilité de la manifestation.


