Vers un retour du service militaire ? Emmanuel Macron envisage un dispositif rénové et volontaire

Alors que les tensions internationales se multiplient, l’exécutif réfléchit à réintroduire un service militaire en France, dans une version modernisée et fondée sur le volontariat. Une piste désormais assumée au sommet de l’État pour renforcer la cohésion nationale et préparer le pays à d’éventuelles crises majeures.
En mars, Emmanuel Macron avait annoncé sa volonté de refondre le Service national universel (SNU), lancé en 2019 mais loin d’avoir rencontré l’adhésion espérée. À la place, un service militaire volontaire rénové, basé sur le volontariat et ouvert aux jeunes hommes comme aux jeunes femmes, pourrait voir le jour. Un projet porté également par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui travaillait déjà sur ce dossier lorsqu’il était ministre des Armées. Ce dispositif ne serait toutefois pas un retour de la conscription supprimée en 1996 par Jacques Chirac.
Une montée des menaces qui inquiète Paris
Les récentes déclarations du chef d’état-major des armées, affirmant que "la Russie se prépare à une confrontation à l’horizon 2030", ont ravivé l’inquiétude face au contexte géopolitique. Depuis l’invasion de l’Ukraine, les autorités françaises alertent régulièrement sur la dégradation de la sécurité européenne. Les services de renseignement allemands évoquent même un risque de conflit direct avec l’Otan avant 2029.
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Selon les pistes étudiées – encore non tranchées par l’Élysée –, ce nouveau service durerait environ dix mois, rémunéré autour de 1.000 euros par mois, avec hébergement et nourriture fournis. Pour ne pas pénaliser les élèves et étudiants, l’intégration de crédits ECTS est également envisagée.
L’ambition est de former 10.000 jeunes par an d’ici 2030, puis 50.000 par an en 2036, uniquement pour l’armée de Terre. Des annonces officielles du chef de l’État sont attendues la semaine prochaine.
Un besoin accru de "masse" dans les armées
Les armées françaises comptent aujourd’hui environ 200.000 militaires d’active et 47.000 réservistes, avec un objectif de montée en puissance à 210.000 et 80.000 en 2030. Le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, rappelait récemment que la France doit "acquérir la masse nécessaire pour tenir dans la durée en cas de conflit".
La démographie ajoute un défi supplémentaire : en 2035, la classe d’âge des 20 ans aura diminué d’environ 100.000 personnes. D’où l’intérêt, selon les autorités, de constituer un vivier de volontaires mobilisables pour soutenir l’effort de défense.


