Guerre possible d’ici trois ans ? Le chef d’état-major appelle les maires à “préparer la population”

Devant les élus réunis au congrès des maires, le général Fabien Mandon a livré un message sans détour : la France doit se préparer à un conflit majeur dans les prochaines années et renforcer « la force d’âme » du pays. Les maires sont appelés à jouer un rôle central.
La dernière journée du congrès des maires de France a basculé dans un registre inédit ce mercredi. Invité à s’exprimer face aux élus locaux, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, a exhorté les communes à anticiper un possible conflit armé impliquant la France « dans trois ou quatre ans ». Une intervention inhabituelle dans cette enceinte, mais assumée comme un avertissement. « Nous sommes en risque », a prévenu le militaire, en appelant les élus à « préparer leurs populations » alors que des tensions croissantes avec la Chine ou la Russie pourraient déboucher sur un affrontement.
« Il faut accepter de perdre nos enfants »
Pour expliquer sa démarche, Fabien Mandon a rappelé que les maires représentent la première interface entre l’État et les citoyens, capables de relayer un message grave mais essentiel. Le général estime que si la France possède les capacités industrielles et techniques pour faire face, elle manque encore d’une « force d’âme » collective. « Il faut accepter de perdre nos enfants, de souffrir économiquement. Si nous ne sommes pas prêts à cela, alors nous sommes en risque. Il faut en parler dans vos communes », a-t-il insisté, assumant un tableau volontairement « très noir » pour provoquer une prise de conscience.
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Au-delà du discours, il a également sollicité le concours opérationnel des municipalités : mise à disposition d’espaces pour les entraînements terrestres, accompagnement des installations militaires, soutien logistique local. Selon lui, les maires ont « un rôle fondamental », à la fois pour préparer la population et pour faciliter le déploiement des forces armées sur le terrain.
Interrogé après cette intervention, Dominique Peduzzi, maire de Fresse-sur-Moselle et membre du Bureau de l’AMF, reconnaît avoir été surpris par la démarche : « Qu’on vienne nous demander un coup de main ici au Congrès des maires, c’est une nouveauté », admet-il. Mais il souligne aussi l’enjeu : « La puissance d’une nation passe par le moral de sa population. Nous avons été interpellés dans notre rôle de maire pour contribuer à cette prise de conscience. La tâche est immense : il va falloir réfléchir, au niveau des communes et de l’AMF, aux bons vecteurs de communication. »


