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La France appelée à se préparer à un « choc » avec la Russie d’ici 2029

Ecrit par N.P. – le vendredi 24 octobre 2025 à 12H00
Photo : Pixabay

Face à une menace jugée de plus en plus crédible d’affrontement entre l’Otan et la Russie, le chef d’état-major des armées Fabien Mandon appelle la France à « se tenir prête » dans les quatre prochaines années. Une mise en garde relayée jusqu’au Parlement, alors que le budget de la Défense 2026 atteint un niveau inédit.

Le ton est grave, et l’échéance proche. « L’armée française doit être prête à un choc dans trois ou quatre ans », a averti le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, devant les députés de la commission de la Défense. Selon lui, la perspective d’un affrontement direct entre l’Otan et la Russie n’est plus théorique : « Le danger est là », a-t-il insisté, appelant à un effort national de réarmement pour éviter d’être pris de court. Son intervention, reprise ce jeudi 23 octobre à l’Assemblée nationale par d’autres responsables militaires, vise à soutenir le projet de loi de finances pour 2026, qui prévoit une hausse historique du budget de la Défense à 57,1 milliards d’euros — soit 13 % de plus qu’en 2025 — représentant désormais 2,2 % du PIB.

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Le chef d’état-major de l’armée de terre, Pierre Schill, a, lui aussi, évoqué « un retour des empires » et souligné que « pour être libre, il faut être craint ». Selon lui, ce budget donne à la France les moyens de « peser sur son destin », à condition d’affirmer sa puissance militaire face à une Russie qui « teste déjà » ses adversaires par des moyens hybrides : survols de drones, sabotages, désinformation. Une opinion partagée par l’ancien directeur du Centre des hautes études militaires, Michel Olhagaray, pour qui la France « n’était pas prête il y a encore cinq ans » mais doit désormais « être puissante pour dissuader ».

Cette accélération du discours militaire s’appuie aussi sur les mises en garde des services de renseignement européens. Le 13 octobre, Martin Jäger, directeur de l’agence allemande BND, a estimé que la Russie pourrait « être en capacité d’entrer en conflit militaire direct avec l’Otan » d’ici 2029. Une échéance confirmée par plusieurs rapports occidentaux, qui évoquent une période de reconstitution rapide des forces russes après l’usure subie en Ukraine. Les renseignements allemands alertent toutefois que Moscou ne se contenterait pas d’attendre : elle chercherait déjà à « étendre son influence vers l’ouest » par la déstabilisation et la propagande.

Pour le général Mandon, cette perception d’une « Europe collectivement faible » nourrit la tentation de Vladimir Poutine de tester les frontières de l’Alliance. D’où l’importance, selon lui, d’afficher une détermination sans faille : « Si nos adversaires perçoivent que nous consacrons un effort pour nous défendre, ils peuvent renoncer. Mais s’ils pensent que nous ne sommes pas prêts, je ne vois pas ce qui peut les arrêter. » La France, conclut-il, doit donc « se tenir prête à un choc », qu’il soit hybride ou ouvert, pour dissuader avant qu’il ne soit trop tard.

Etiquettes : France | Guerre en Ukraine | Russie

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