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Université : L’UFR d’Histoire aurait-elle du mal à recruter des enseignants ?

L’UFR d’Histoire de l’Université de La Réunion est obligée de recruter des enseignants ne disposant pas pour certains des diplômes normalement requis. Au point d’alerter les étudiants de licence, inquiets de constater le niveau particulièrement bas des enseignements dispensés. Ce qui risque de les handicaper lourdement pour la poursuite de leur carrière professionnelle.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le mardi 28 novembre 2023 à 16H26
Source : Pierre Marchal / Anakao Press

Cette rentrée 2023 s’est révélée particulièrement délicate au sein de l’UFR d’Histoire. Avec le départ d’une enseignante, partie faire des recherches à Rome pour une durée de trois ans, et le congé maladie du directeur de l’UFR, une partie des unités d’enseignement a du mal à être dispensée.

Un déficit de savoir particulièrement préjudiciable aux étudiants, privés de deux enseignants expérimentés, diplômés (agrégés et docteurs), en particulier pour les étudiants qui se destinent aux concours de l’enseignement. En 2022, seuls 3 étudiants de Master originaires de l’académie de La Réunion ont obtenu le CAPES.

A titre de comparaison, l’académie de Grenoble, qui a présenté autant de candidats (46), a décroché 26 lauréats, et celle d’Aix Marseille, 25. Maigre consolation, les autres DROM ont, quant à eux, obtenu des résultats moindres. Peut-on dès lors, comme le font déjà certains étudiants, parler de nivellement par le bas ? Ou s’insurger contre les absences, pourtant bien légitimes, des enseignants ?

La solution a consisté jusqu’à maintenant à recruter des enseignants vacataires. Or, si l’appel à candidature est officiellement réservé aux enseignants du secondaire, titulaires du Capes ou de l’agrégation, force est de constater qu’il n’en est rien dans la pratique.

Pour occuper les chaises restées désespérément vides, l’Université a élargi son recrutement. C’est ainsi qu’un officier supérieur du SDIS dans le Sud officie devant des étudiants de première année. Sa volonté de remplir sa mission devant les étudiants est sans doute bien réelle, il n’en reste pas moins que l’enseignement est un métier.

C’est aussi une façon détournée pour l’Université de faire des économies. On connait combien sont payés les professeurs d’université. A l’inverse, ce personnel contractuel est rémunéré entre 40 et 60 euros de l’heure. Exit les heures de préparation ou les corrections de copies, qui ne sont pas payées aux vacataires.

A cette rémunération dérisoire s’ajoutent les délais de paiement. Au mois de septembre, un enseignant mécontent de ne pas avoir été payé depuis un an a été contraint de s’adresser directement à la Doyenne.

Pour autant, l’Université de crée pas de postes de titulaires et poursuit sa lente et inéluctable détérioration de la qualité de l’enseignement dispensé.

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