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Université de La Réunion : Handicapée après une chute, elle se bat depuis 7 ans pour obtenir réparation

Ecrit par Julien Delarue – le mercredi 11 décembre 2024 à 06H26

Victime d’un accident du travail en 2017 sur le campus universitaire, Joëlle Brunet-Malbrancq dénonce aujourd'hui le mépris de l’institution face à son combat pour faire reconnaître une faute inexcusable. Entre souffrances physiques, désillusions et démarches administratives interminables, elle livre son témoignage.

Le 11 septembre 2017, une journée banale s’est transformée en cauchemar pour Joëlle Brunet-Malbrancq, contractuelle en CDI à l’Université de La Réunion. Alors qu’elle traversait une zone très fréquentée devant la Faculté des Lettres, elle est tombée dans une tranchée comblée de sable mou, mais non signalée. Les blessures graves à ses jambes causées par cette chute, survenue dans le cadre d’aménagements pour personnes malvoyantes, ont été reconnues comme un accident du travail par l’Assurance Maladie. Depuis ce jour, sa vie est marquée par la douleur, le handicap et la perte d’autonomie.

Une vie bouleversée

Joëlle vit désormais avec des douleurs chroniques insupportables et un handicap reconnu entre 50 et 79 % par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Elle ne se déplace plus qu’avec des cannes anglaises, et les gestes du quotidien, autrefois anodins, nécessitent aujourd’hui une assistance permanente. Un choc pour cette passionnée de moto. « Ma vie ne ressemble plus à rien. Je ne peux plus rien faire du quotidien, » confie-t-elle, évoquant également le poids financier des aménagements nécessaires à son domicile et sa transition forcée vers le télétravail. Les répercussions psychologiques sont tout aussi lourdes. « Les six premiers mois de cette année, la douleur était devenue tellement intense que je voulais mourir (...) Ma vie est ruinée. Je suis tombée dans un trou, au mauvais endroit, au mauvais moment, » lâche-t-elle, les larmes aux yeux.

Un combat contre l’institution

En 2019, Joëlle a engagé une procédure pour faire reconnaître une faute inexcusable de l’Université. Pourquoi ? « En fait, les travaux n'étaient pas protégés, ni signalés, » précise-t-elle.

Cette demande, initialement validée par les responsables juridiques et le président de l’Université de l’époque, Frédéric Miranville, devait aboutir à une conciliation organisée par la CGSS en novembre 2024. Un délai qui peut paraître long, mais qui ne peut aboutir qu’une fois que l'état du patient victime de l'accident est « consolidé ». "Ça veut dire que le médecin estime que tu ne peux plus aller mieux. Pas que tu es guéri, mais que tu ne peux plus aller mieux. » Mais à la stupéfaction de Joëlle, les représentants de l’Université ont refusé de concilier.
« L’administrateur provisoire (en raison de la suspension du président actuel, NDLR) m’a dit : “On refuse la conciliation.” » explique-t-elle, encore choquée par cette volte-face qu’elle perçoit comme une trahison. La raison ? Visiblement un problème d'assurance au moment de l'accident. Aujourd'hui, l'Université cherche à mettre la faute sur l'entreprise en charge des travaux.

L’institution a, selon elle, manqué de considération et de transparence tout au long de ce processus. « On m’a menée en bateau. Même la représentante syndicale semblait plus préoccupée par ses intérêts que par les miens. »

Une quête de justice

Pour Joëlle, cette reconnaissance n’est pas qu’une question symbolique, mais un enjeu vital sur le plan financier. « Je ne touche que 17,5 % de mon ancien salaire comme rente d'accident du travail, ce qui est très peu. Je ne demande que justice. » insiste-t-elle. Après 24 années de service, Joëlle espérait un soutien à la hauteur de son engagement. « J’ai travaillé 24 ans à l’université, et voilà comment on me traite. Je veux partir à la retraite avec dignité, après sept années de combat. »

Un appel au changement

Dans un contexte de transition institutionnelle avant les élections qui se profilent à l'Université, Joëlle craint que son dossier ne soit relégué au second plan. Elle en appelle directement aux futurs candidats à la présidence : « J’en appelle aux candidats à la présidence de l’université : ne m’oubliez pas. Je veux juste que cette affaire ne traîne pas encore des années. »

Malgré sa volonté initiale de régler cette affaire à l’amiable, Joëlle Brunet-Malbrancq n'a plus d'autre choix que de porter le dossier devant la justice, en raison du refus de conciliation, espérant enfin obtenir la reconnaissance qu’elle mérite.

Contactée par nos soins, nous n'avons pas eu de retour de la part de l'Université.

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