Une grève envisagée dans le BTP après les congés de fin d'année

Faute d'être parvenus à un accord lors des négociations annuelles obligatoires, les trois principaux syndicats du BTP évoquent la perspective d'une grève début 2026, après les congés du bâtiment. Les syndicats demandent 1,50% d'augmentation du taux horaire, quand la FRBTP n'entend pas dépasser 1,45%.
Doit-on s'attendre à une grève dans le secteur du BTP, en début d'année prochaine, au terme des traditionnels congés du bâtiment ? Si la perspective semble bien envisagée par l'intersyndicale CGTR – FO – CFDT, la voie du dialogue reste privilégiée, alors même que le calendrier demeure ouvert pour boucler les négociations annuelles obligatoires (NAO) dans le secteur.
Pour l'heure, à en croire les propos des syndicats tenus lors d'une conférence de presse ce mercredi 26 novembre, les demandes des deux parties (patronat et salariés) seraient très proches l'une de l'autre. Mais l'accord achopperait en raison de la volonté de la FRBTP de vouloir imposer un bras de fer.
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« On ne peut pas être insensible à la crise traversée par le BTP depuis deux ans, mais l'activité redémarre doucement. Le chantier de la NRL a repris et les travaux du lycée de la mer sont attendus pour le début de l'année prochaine », souligne Maximin Hoarau, le secrétaire général de la CGTR BTP, en citant aussi le futur Bâtiment Femme Parent Enfant (BFPE) dont le chantier doit démarrer l'an prochain, sur le site du CHU de Bellepierre.
17.580 salariés dans le BTP
Le 9 octobre dernier, lors de la première réunion de NAO, la FRBTP et la CAPEB (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) proposaient une revalorisation du taux horaire de 0,7%, quand l'intersyndicale demandait 2,5%. Après deux autres réunions, les deux parties avaient fait des concessions : 1,45% pour le patronat et 1,50% pour les syndicats.
Des positions si peu éloignées qu'on s'étonne de voir les syndicats laisser planer la menace d'une grève. « On avait décidé de faire les négociations avant décembre, pour ne pas avoir ce problème de rétroactivité que certaines entreprises n'appliquent pas. On sort de deux années de diète, mais il y a une relance. Nous amener dans la rue pour 0,5 de plus, c'est sérieux ? On sent bien que c'est la FRBTP qui freine », avance Johnny Lagarrigue, le secrétaire général de la CFDT BTP.
L'intersyndicale prévient que si aucun accord n'intervient avant la fin de l'année, la barre de départ qui sera fixée pour les négociations en 2026 sera forcément plus haute. Selon les syndicats, l'écart de 0,5 point entre les deux positions représenterait 24 euros de brut mensuel à payer en plus pour les entreprises. Le secteur du BTP représente actuellement 17.580 salariés dans l'île.


