Une affaire d'attouchements sexuels délocalisée à la Réunion

Marie-Bernadette et Guy Domergue ont pris hier, lundi, l'avion en direction de Saint-Denis de la Réunion. "Un voyage qui, en dépit de la destination généralement synonyme de vacances, ressemblera surtout à un calvaire" pour cette famille, comme le relate [la Dépêche]url:http://www.ladepeche.fr qui suit l'affaire depuis 2007.
Colère et incompréhension
Le couple Domergue doit en effet assister devant le tribunal pour enfants (TPE) de la Réunion au procès d'un adolescent suspecté d'avoir commis des agressions sexuelles sur leur fils Joseph. Des faits commis en 2007, que la jeune victime avait dénoncé en juillet de cette année-là avant, la veille de son douzième anniversaire le 28 janvier 2008, de mettre fin à ses jours. Deux raisons plongent Marie-Bernadette et Guy Domergue dans une profonde colère.
La première concerne la délocalisation du procès. C'est à Rodez que leur fils a été victime d'attouchements mais c'est à eux de se déplacer à la Réunion, là où l'auteur présumé et sa famille ont déménagé pendant l'instruction, pensant s'éloigner de cette affaire.
Avant d'envisager ce voyage, une proposition leur a pourtant été faite d'assister au procès par visioconférence. Une fin de non recevoir a été clairement émise de la part des parents : ils se déplaceront.
Des décisions défavorables aux parents de la victime
L'affaire est semée de péripétie en défaveur des victimes. En novembre dernier, les magistrats de Saint-Denis n'avaient pas accordé à la famille Domergue que leur requête auprès de la juridiction réunionnaise se déclare incompétente et prononce un renvoi de l'affaire devant le TPE de Rodez.
Le second motif du mécontentement des époux Domergue réside dans le chef de prévention invoqué à l'encontre de l'incriminé. "Pour nous, il est clair que notre fils a été victime de viol. Mais j'ai appris cet après-midi (lundi, ndlr) que le garçon ne sera jugé que pour attouchements. C'est inadmissible, surtout quand on voit le dossier", s'émeut la mère de l'enfant à quelques minutes de prendre son vol.
Hier soir, c'est avec le soutien de près de 40 personnes qui ont déployé trois pancartes réclamant "Ensemble une vraie justice", qu'elle a décollé vers la Réunion avec son mari et leur avocat. Le procès s'ouvrira ce mercredi matin à huis clos.



