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Un Gérontopôle pour anticiper le défi du vieillissement à La Réunion

Ecrit par P.B. – le lundi 7 septembre 2026 à 10H16

Alors que le vieillissement de la population réunionnaise va s'accélérer dans les prochaines décennies, le Gérontopôle de La Réunion a été inauguré ce mercredi 2 septembre. Soutenue par l'ARS et la CGSS, la structure entend agir en amont, notamment sur la prévention de la perte d'autonomie, en fédérant les acteurs du territoire.

La Réunion reste une île jeune, mais son vieillissement s'accélère. Une transformation démographique qui oblige déjà les acteurs du territoire à réfléchir aux réponses à apporter en matière de santé, d'accompagnement, de logement ou encore de prévention. "Le choc démographique ne va pas échapper à La Réunion. En 2050, une personne réunionnaise sur quatre aura plus de 60 ans. Ça veut dire qu'il faut agir dès maintenant, anticiper, prévenir la perte d'autonomie", souligne Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l'ARS La Réunion.

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C'est précisément la vocation du Gérontopôle de La Réunion, inauguré ce mercredi. Créée avec le soutien de l'ARS et de la CGSS, cette association rassemble les différents acteurs concernés par le vieillissement : professionnels de santé, secteurs social et médico-social, chercheurs, universitaires, organismes de formation, acteurs économiques, institutions et représentants des usagers.

Décloisonner pour mieux accompagner

"C'est vraiment un endroit où on va se retrouver pour pouvoir discuter des problèmes, chercher des solutions, décloisonner les acteurs", résume le Dr Jean-Marc Eychene, président du Gérontopôle de La Réunion.

L'une de ses missions sera notamment de "fluidifier la filière gérontologique", particulièrement entre l'hôpital et le retour à domicile. L'objectif est également de mieux coordonner les acteurs médicaux, sociaux et les institutions qui attribuent des aides afin que celles-ci correspondent davantage aux réalités du terrain.

Le Gérontopôle de La Réunion dispose d'une équipe dédiée et d'un financement de l'ordre de 400.000 à 450.000 euros assuré par l'ARS et la CGSS. Labellisé par l'Union des Gérontopôles de France, il intervient dans quatre domaines : la formation, la recherche, l'économie et la communication.

Mais les réponses doivent aussi tenir compte des particularités de l'île. "On part d'une île plus jeune mais on a un vieillissement qui s'accélère", rappelle le Dr Jean-Marc Eychene. La précarité d'une partie de la population, l'insularité ou encore la place de la solidarité familiale font partie des réalités à intégrer, pointe-t-il.

L'habitat en est un exemple, souligne celui qui est également chef du service de gériatrie au CHU. Faire dialoguer promoteurs, acteurs sociaux, aidants et seniors permettrait, selon lui, de mieux adapter les logements aux besoins des personnes âgées.

Repérer les fragilités avant la perte d'autonomie

La prévention constitue l'un des principaux enjeux. Le Gérontopôle s'appuie notamment sur ICOPE, une plateforme destinée aux personnes de 65 ans et plus. Un questionnaire permet de détecter les premiers signes de fragilité. Lorsqu'une difficulté est repérée, une infirmière du Gérontopôle contacte la personne pour procéder à une évaluation et, si nécessaire, proposer un accompagnement personnalisé.

Logements inadaptés, isolement ou accompagnants insuffisamment sensibilisés sont autant de situations pour lesquelles une action coordonnée peut être menée. Car bien vieillir ne relève pas seulement de la santé : l'habitat, le social, la formation, l'économie ou encore l'innovation sont également concernés."Concrètement, c'est ça le Gérontopôle : nous aider à mettre en place des plans d'action pour prévenir, accompagner, soigner, faire en sorte que nous vieillissions dans les meilleures conditions possibles", explique Jean-Jacques Coiplet.

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