Bien-vieillir : le Département ouvre le chantier de La Réunion de 2050

Le Département et l'ARS réunissent pendant deux jours les acteurs du territoire pour bâtir une feuille de route du bien-vieillir à La Réunion.
Comment adapter La Réunion à une population qui vieillit plus vite qu'on ne l'imagine ? C'est la question qui traverse les premiers États généraux du Bien-Vieillir, ouverts ce lundi 26 octobre à l'Hôtel du Département, à Saint-Denis. Pendant deux jours, élus, professionnels de santé, associations, chercheurs et citoyens sont invités à réfléchir ensemble aux réponses à construire d'ici 2050.
Lire aussi : 23 millions de seniors en 2050 : combien d'emplois devront être créés pour relever le défi de la perte d'autonomie ?
L'ambition affichée dépasse largement la question de la dépendance. Logement, mobilité, aménagement des espaces publics, prévention, emploi ou encore soutien aux aidants : tous les leviers susceptibles de permettre aux Réunionnais de conserver leur autonomie sont mis sur la table.
"Nous ne voulons pas subir ce vieillissement", résume le président du Département, Cyrille Melchior. Pour lui, l'enjeu consiste autant à préserver le maintien à domicile qu'à préparer les métiers et les infrastructures dont l'île aura besoin dans les prochaines décennies.
Penser le vieillissement autrement
L'étude prospective de l'Insee, présentée en ouverture, sert de fil rouge aux échanges. Elle doit permettre d'appuyer les discussions sur un diagnostic partagé et d'orienter les futures décisions publiques.
Pour Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l'ARS La Réunion, la réponse ne pourra pas venir du seul secteur sanitaire. "C'est aujourd'hui qu'il faut agir", insiste-t-il, en appelant à intégrer le vieillissement dans l'ensemble des politiques publiques, du logement aux transports, en passant par l'activité physique et la prévention.
Cinq tables rondes rythment ces États généraux. Elles abordent l'adaptation des logements, les besoins en recrutement dans les métiers de l'accompagnement, l'accessibilité des espaces publics, la prévention de la perte d'autonomie et la place des proches aidants.
En parallèle, plusieurs ateliers permettent aux participants d'expérimenter les réalités du grand âge. Simulateur de vieillissement, présentation du programme ICOPE pour repérer les fragilités, ou encore ateliers de design fiction imaginant la vie en 2050 : l'objectif est de rendre les enjeux plus concrets.
Faire émerger un modèle réunionnais
Le Département défend un modèle centré sur le maintien à domicile, tout en poursuivant le développement de nouvelles capacités d'accueil lorsque la dépendance l'exige. Des projets d'EHPAD nouvelle génération sont déjà engagés à Bras-Panon, Petite-Île et aux Avirons, tandis que l'ARS poursuit son plan de renforcement de l'offre médico-sociale.
Lire aussi : A Bras-Panon, comment ce nouvel Ehpad à 24 millions d'euros va changer la prise en charge des seniors
Au-delà des annonces, ces États généraux se veulent avant tout un point de départ. Plus de 500 Réunionnais ont déjà contribué à la concertation citoyenne lancée en amont, et leurs propositions nourriront les conclusions attendues à l'issue de ces deux journées. Reste désormais à transformer cette réflexion collective en feuille de route, pour que le vieillissement devienne moins une contrainte qu'un projet de société pensé à l'échelle de l'île.


