"Samedi à risque" : Macron éloigne les cortèges des centres-villes

En visite ce lundi dans la cité phocéenne, le chef de l’État a annoncé que les cortèges autorisés seraient détournés des centres-villes samedi prochain. Il a aussi reconnu que l’État avait manqué de forces de l’ordre le 17 octobre.
Emmanuel Macron est arrivé à l’hôtel de ville de Marseille peu avant midi, ce lundi 26 octobre, accompagné du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Accueilli par le maire divers gauche Benoît Payan, le président a parcouru un bâtiment qui porte encore les traces des violences du 17 octobre : un buste de Marianne brisé après avoir été renversé, des tags, dont un “A” anarchiste cerclé, une vitre cassée.
Ce jour-là, plusieurs dizaines de manifestants avaient forcé la porte de la mairie et pénétré brièvement dans le hall. Des vitres avaient aussi été cassées au commissariat de la police municipale et des commerces vandalisés. Benoît Payan chiffre les dégâts à 28 millions d’euros.
Des cortèges hors des centres-villes
Devant la mairie, Emmanuel Macron a d’abord tourné le regard vers les prochains rendez-vous. “Samedi prochain est encore un samedi à risque”, a-t-il prévenu, en référence au samedi 31 octobre. Pour limiter les risques de débordements, le chef de l’État a fixé une règle : “Nous continuerons d’avoir des tracés de mobilisation déclarée qui se feront en dehors des centres-villes.”
L’État, a-t-il assuré, restera mobilisé pour protéger les biens et les personnes. Le président s’appuie sur le bilan du samedi 24 octobre, où selon lui l’ordre a été tenu à Marseille comme dans le reste du pays, tandis que le droit de manifester a été préservé. Il a salué “un très bon travail” des forces de l’ordre.
Pas d’état d’urgence
Critiqué, y compris dans son propre camp, pour sa gestion des événements, Emmanuel Macron a défendu son choix de ne pas recourir à l’état d’urgence. Il estime “qu’on tient aujourd’hui la République et l’ordre public sans l’état d’urgence”, grâce à une réponse qu’il qualifie de “rigoureuse et ferme”.
Il a en revanche admis des failles le 17 octobre. “On n’avait pas du tout anticipé”, a reconnu le président, qui explique avoir été surpris par la mobilisation de l’ultragauche dès le petit matin, à laquelle s’est ajoutée de la délinquance. “Les forces de police n’étaient pas dûment proportionnées”, a-t-il concédé, donnant raison au maire de Marseille, qui lui avait adressé ce reproche.
Benoît Payan a pour sa part souligné que le dispositif du 24 octobre était adapté, tout en appelant à préparer la sortie de crise et à ne pas opposer la police aux manifestants.
“Le moment du débat, pas de la violence”
Au-delà du maintien de l’ordre, Emmanuel Macron a dit avoir demandé au gouvernement de répondre aux demandes jugées légitimes à l’origine du mouvement, et promis des annonces fortes pour les lycéens. Un fonds d’aide aux commerçants et artisans, financé par l’État, les collectivités et des acteurs privés, est également mis en place.
Le président a enfin appelé au calme à l’approche de la présidentielle. “A six mois de l’élection présidentielle, c’est le moment du débat, pas de la violence”, a-t-il insisté.


