Attentat raciste de Trappes : les proches du suspect libérés, sa garde à vue suspendue pour raisons psychiatriques

Les parents et deux autres membres de l’entourage de Kévin T. sont ressortis libres. Le principal suspect, qui a déclaré souffrir de schizophrénie, a été admis en soins psychiatriques. L’avocat de la famille de la victime s’interroge.
Les quatre proches du principal suspect de l’attentat raciste commis vendredi 23 octobre dans les Yvelines ne sont plus en garde à vue. Le parquet national antiterroriste (PNAT) a indiqué à BFMTV que les mesures avaient été levées dimanche 25 octobre. Ces quatre personnes, issues du cercle familial et amical du suspect, avaient été interpellées après l’attaque, qui a fait un mort et cinq blessés.
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Schizophrénie, cannabis et cocaïne
Le principal suspect, Kévin T., 39 ans, n’est plus en garde à vue lui non plus. Le PNAT a annoncé dimanche la suspension de la mesure à l’issue d’un examen psychiatrique. Selon Franceinfo, qui précise que le père et la mère du suspect figuraient parmi les proches entendus, l’homme a affirmé aux enquêteurs être atteint de schizophrénie. Son entourage a donné la même indication lors des auditions.
Les analyses toxicologiques ont par ailleurs mis en évidence la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang, selon le PNAT.
L’enquête est ouverte notamment pour assassinat et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante que les faits auraient été commis en raison de l’origine ou de la religion, vraie ou supposée, des victimes.
L’avocat de la victime veut des réponses
La suspension de la garde à vue n’est pas passée inaperçue du côté de la famille de la victime. Son avocat, Me Yassine Bouzrou, s’étonne d’une admission en soins psychiatriques qu’il juge “très rare” en pratique. Il s’interroge aussi sur le suivi d’un homme qu’il décrit comme détenteur d’armes de guerre et déjà connu de la police et de la justice, et n’exclut pas de rechercher une éventuelle responsabilité de l’administration.
Interrogé lundi matin, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a assuré que ce type de suspension intervenait assez souvent, y compris dans des dossiers de terrorisme islamiste, et qu’il ne retirait rien au caractère terroriste et raciste de l’attaque.
Pour le ministre, le suspect a agi pour tuer des personnes d’origine étrangère. Tout en se disant prudent, il affirme qu’aucun signe ne laissait présager une appartenance de Kévin T. à l’ultradroite et qu’il n’était pas connu des services de renseignement. Laurent Nuñez décrit ce profil, isolé et nourri de discours racistes avant de passer brutalement à l’acte, comme le plus difficile à détecter.
Des rassemblements sont prévus ce lundi.


