Un géant du ciel livre les moteurs des Airbus immobilisés d'Air Austral

C’est un ballet logistique aérien colossal qui débute dans le ciel réunionnais. Au profit d’Air Austral, un Antonov AN-12 s’est posé à l’aéroport Roland Garros ce lundi matin. L'avion de 38 mètres d'envergure contient un moteur à réaction destiné à équiper l’un des trois A220-300 qui composent la flotte de la compagnie réunionnaise. Deux de ces Airbus sont actuellement immobilisés, le premier depuis le mois d’octobre 2023 et le deuxième depuis ce début février.
Air Austral va donc récupérer, via cet Antonov, un moteur qui a été réparé en Europe et destiné à remplacer le moteur de l'un de ses deux A220 immobilisés. La compagnie pourra ainsi regagner en amplitude de vols lorsqu’elle aura récupéré cet Airbus. La dépose de l’ancien réacteur et la pose du nouveau sont donc prévues localement.
L’Antonov de la compagnie ukrainienne de fret Cavok Air ne repartira pas à vide. Il s’envolera avec deux moteurs à réparer que la compagnie espère retrouver le plus vite possible pour disposer à nouveau d’une flotte régionale opérationnelle à 100%.
L'Antonov tombe lui aussi en panne
Ces deux moteurs de son autre A220 lui aussi hors service seront donc acheminés en Europe via ce même Antonov dans l'attente d'une réparation auprès du motoriste Pratt & Whitney. Le constructeur est confronté à une problématique mondiale au niveau des moteurs P&W 1524G-3 qui équipent les A220-300. Air Austral, qui dispose de trois appareils équipés de ces modèles de moteur, a ainsi déjà été fortement pénalisée ces derniers mois par l’immobilisation longue et successive de ses aéronefs. Une immobilisation qui a impacté tout particulièrement ses liaisons aériennes régionales.
L’éloignement des grands centres de maintenance européens amène la compagnie aérienne à redoubler d'efforts pour satisfaire à ses obligations s’agissant des phases de maintenance moteur de ses appareils.
Et comme si la série de mauvaises nouvelles ne suffisait pas, Air Austral a dû composer avec une semaine de retard pour cette livraison du jour. L’avion cargo parti de Pologne le 14 février est lui-même tombé en panne et a nécessité une maintenance de quatre jours à Mombasa au Kenya, pays qu’il a quitté la nuit dernière avant une escale technique à Antananarivo.



