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Un catholique doit voter Macron dimanche

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 21 avril 2022 à 08H41

Je suis ce que les sociologues appellent un « catholique pratiquant régulier ». Je suis engagé dans ma paroisse Saint-Joseph Ouvrier aux Camélias. Comme le père Christian Delorme,  qui s’est exprimé dans Le Monde, je suis terrifié quand j’apprends que, si on cumule les scores de Marine Le Pen, Eric Zemmour et de Nicolas Dupont-Aignan, 40 % des catholiques pratiquants ont voté pour l’extrême droite.
Ces adeptes d’un catholicisme identitaire trahissent le message chrétien. Je cite le père Delorme « Mais de quel christianisme s’agit-il ? Certainement pas d’un christianisme se référant au témoignage de Jésus de Nazareth, lui qui a prêché l’accueil de l’étranger, la fraternité universelle ! Il s’agit d’un christianisme sans Jésus ! Il s’agit d’un christianisme transformé en idéologie de haine. D’un christianisme de l’exclusion de l’autre. Autrement dit : d’un christianisme perverti, d’un hérésie contemporaine. D’une instrumentalisation politique du christianisme comme il n’en a pas manqué au cours de l’histoire, et comme en témoigne aussi de nos jours l’actuel patriarche orthodoxe de Moscou encourageant et bénissant l’agression russe contre l’Ukraine. »

Quelques conversations dans ma paroisse, avant et pendant cette campagne électorale, m’amènent à penser que le mal est profond. En effet, outre ce catholicisme identitaire, on peut aussi entendre les théories complotistes les plus fumeuses, les plus grossières, des divagations ahurissantes contre les vaccins. J’ai même entendu exprimer des doutes sur … la sincérité des résultats du premier tour !
Et puis, il y a un bruit de fond, comme une basse continue : une banalisation des propositions de Marine Le Pen qui conduit à une adhésion à sa « préférence nationale ».

Dans ce contexte,  celui qui suggère, comme je l’ai fait, de voter Emmanuel Macron dimanche 24 avril apparaît comme celui qui brise ce consensus identitaire. Il se voit opposer un refus indigné. Il ne peut être question pour ces gens là de voter pour ce militant bien connu du « califat LGBT ».

Les évêques catholiques de France, réunis à Lourdes le 6 avril, n’ont fait qu’un appel au discernement personnel et en conscience des catholiques, sans nommer le mal et le danger. L’évêque de La Réunion demande à chacun de mettre son vote «  en relation avec la nécessité de construire une société fraternelle où l’on regarde le bien commun » et considère que les grandes questions du moment sont « la cohésion nationale, l’Europe et la paix ». Il ne donne pas non plus de consigne de vote. On peut craindre qu’il y ait là un souci de ménager ces catholiques identitaires.

Je suis de ceux qui craignent une victoire de madame Le Pen, la mise en péril de notre système démocratique et de la construction européenne. Une construction et une cohésion européenne si précieuse dans ces temps de guerre en Ukraine.

Les candidatures d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen ne sont pas comparables. Comme le père Delorme, je pense que  l’une n’est pas fermée à davantage d’humanité tandis que l’autre nous conduit au chaos. 

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