UFC Que Choisir dénonce "le scandale de la vie chère" à la Réunion

"La Réunion étant approvisionnée via Singapour, c’est justement la partie où l’obscurité sur la formation des prix est la plus opaque. Les pétroliers justifient cette obligation d’acheter à Singapour, par la nécessité de fournir des carburants aux normes européennes. Cependant, la non transparence des pétroliers ne permet pas aux consommateurs de vérifier la qualité des carburants et la sincérité des prix", explique UFC Que Choisir à la Réunion.
L'association de défense des consommateurs demande qu'une enquête complémentaire soit "ouverte" sur l'approvisionnement de la Réunion en carburant. "Il faut faire toute la lumière sur le vrai prix du carburant, surtout dans sa partie internationale (…) et réitère sa demande de redistribution aux ménages les plus défavorisés des excédents de taxes générées par les augmentations successives par l’intermédiaire d’aides directes", souligne UFC Que Choisir.
Mais l'association soulève également la problématique de l'après pétrole. "L’urgence est désormais de développer, partout où cela peut se faire, même sans infrastructures de grande performances, un réseau de transports en commun en site propre, si nécessaire par tronçons, de sorte que les déplacements puissent être réalisés par le biais de transports en commun nombreux, rapides et peu onéreux, sans omettre la desserte des hauts via des navettes. Ce sera la seule manière de réduire valablement les coûts de transports, et par conséquent de réduire la dépendance des consommateurs au pétrole", explique-t-elle.
"Les prix de ces produits à la Réunion se situent maintenant à 68% au dessus de ceux de métropole"
En plus du prix du carburant qui pose problème à la Réunion, depuis vendredi dernier de nombreuses personnes se rassemblent dans la rue pour dire "stop" à la vie chère à la Réunion. Des mobilisations populaires qui se déroulent aux quatre coins de l'île. UFC Que Choisir profite de cette occasion pour sortir une étude réalisée entre septembre et octobre 2011 dans plusieurs grandes surfaces en métropole et à la Réunion. "En métropole (hors corse et Dom-Tom) le panier de 56 produits s’élevait à 155.31 euros en moyenne, l’écart entre la marque la plus chère et celle la moins chère étant de 15.5% soit 23.15€ (…) Les prix de ces produits à la Réunion se situent maintenant à 68% au dessus de ceux de métropole soit 53.52euros de plus qu’en métropole", souligne l'association. A noter qu’à la Réunion, de nombreux produits "métropolitains" n'étaient pas disponibles ou souvent en rupture de stock, "il n’a donc pas été possible de faire une comparaison sur la totalité du chariot ,mais sur un chariot partiel de 28 produits", rappelle UFC Que Choisir.
"Le coût de la vie ne cesse de progresser, Le poste logement que l’on soit propriétaire ou locataire ne cesse de croître: il fallait 3 mois et 9 jours de travail à un smicard en 2002 pour acheter 1m2 de logement, aujourd’hui il lui faut désormais le double (6 mois et 3 jours). Les assurances ont aussi explosé surtout la multirisque habitation. Le gaz, l’électricité, les carburants, l’alimentaire s’envolent.... Les consommateurs s’orientent de plus en plus vers le hard discount qui est moins onéreux mais parfois d’une qualité douteuse. Il est urgent que les consommateurs se mobilisent, boycottent les produits ou les enseignes trop chères assurant ainsi un arbitrage parmi leurs fournisseurs. Il va de soi que l’administration et les hommes politiques jouent de leur influence pour freiner cette envolée qui n’est pas toujours liée à la crise", conclut l'association de défense des consommateurs.


