Troubles psychiatriques et tabac chimique : direction la prison pour une agression au couteau

Ce vendredi 25 juillet, un Saint-Paulois de trente ans était jugé pour avoir agressé un coach sportif avec un couteau. Le prévenu, accro à la consommation de tabac chimique, a pris la direction de la prison malgré ses troubles psychiatriques.
Fin mai, un coach sportif est avec deux de ses clients quand il voit surgir Émilien L. L’air hagard et « peinant à se tenir debout » selon les mots du coach. L’homme lui saute dessus pour l’agresser.
Très vite, la victime prend le dessus et parvient à le maîtriser. Par deux fois, il l’envoie valser sur le sol. L’une des deux personnes accompagnant le coach lui fait remarquer que le forcené tient un couteau dans sa main.
Emilien L. prend la fuite, et la victime se rend tout à coup compte qu’elle est blessée à la hanche droite. Une plaie peu profonde, qui correspondrait à une tentative de poignarder.
Un lourd passé psychiatrique
Depuis sa plus tendre enfance, Emilien L. souffre de sévères complications psychiatriques. Cela se traduit par des difficultés à s’exprimer et un trouble du comportement. Des troubles pour lesquels il est suivi, et qui ne l’empêcheront pas de travailler pendant six ans.
Or, depuis ses 18 ans, l’homme plonge dans une spirale infernale : celle des consommations de toxiques. En plus d’avoir cessé son suivi psychiatrique, il se met à consommer de l’alcool et fumer du cannabis dans un premier temps. Un peu plus tard, il remplace le zamal par du tabac chimique.
Et quand il n’a pas l’argent pour payer ses consommations, l’homme voit rouge. C’est en ce sens que fin mai dernier il demande une nouvelle avance sur son argent à sa mère. Quand elle refuse, il se met en pétard. Elle-même confie que lorsque son fils consomme des stupéfiants, il se montre violent et vulgaire.
Sa maman le voit sortir avec un couteau, et le voit revenir plus tard. Ce dernier lui indique qu’il a « piqué » quelqu’un. Elle prévient alors les forces de l’ordre.
Prison ferme malgré l’altération du discernement
À la barre, Emilien L. a du mal à s’exprimer. Pour sa défense, il explique avoir juste entendu des voix qui le poussaient à agir. La victime, elle, n’a pas souhaité assister à l’audience, ni même demander des dommages et intérêts pour le préjudice subi. Son seul souhait est de voir son agresseur entamer des soins.
Son casier judiciaire demeure vierge, ce qui n’a pas empêché le ministère public d’exiger une lourde peine. Ainsi, le procureur requiert 2 ans de prison ferme et une interdiction de porter une arme pendant 15 ans, avec une obligation de soins.
Difficile de savoir à quel point il avait consommé des stupéfiants peu après les faits, comme il reste difficile d’évaluer par un test salivaire le tabac chimique. La défense avance sur le fait qu’Emilien L. doit être soigné, au vu de son passé psychiatrique. Une faiblesse qui pourrait en faire une cible de choix en détention selon la robe noire. Aussi préconise-t-il une peine aménagée pour son client, avec une stricte obligation de soins.
Après en avoir délibéré, le tribunal prend en compte l’altération du discernement, mais aussi le caractère particulièrement violent de cette agression. Aussi, Emilien L. prend le chemin de la prison et est condamné à 2 ans de prison, dont 18 mois avec sursis probatoire d'une durée de 2 ans. L’obligation de soins est également prononcée.


