Trois-Bassins : L'irascible maître d'œuvre s'en prend au carreleur

La vie de chantier réserve son lot d'embûches mais ce 16 janvier 2023, la situation a dérapé à Trois Bassins sur un chantier de trois villas. Guillaume a été engagé comme maître d'œuvre. Sa mission, de la conception à la remise des clés, est de veiller à la bonne réalisation du projet confié par le maître d'ouvrage, ici un particulier.
Alors qu'il revient de congés et s'enquiert de l'avancement du chantier, la mauvaise inclinaison d'une chape carrelée dans une des salles de bain lui est remontée. Guillaume demande au carreleur de la casser et de la recommencer selon les plans. Le carreleur refuse et Guillaume lui demande de partir.
Des insultes sont échangées. Le maitre d'œuvre voit rouge quand il entend “gros cons et PD”, il somme le carreleur de se taire et vient au contact. Il pousse l'homme au niveau de la poitrine. Le carreleur au sol, Guillaume continue de le saisir au col pour finalement quitter les lieux.
Le chef de chantier et le maitre d'ouvrage assistent à la scène. Un comportement que ce dernier ne peut accepter. Guillaume est décrit comme un maitre d'œuvre aux paroles particulièrement âpres.
21 jours d'ITT
“Il y a eu une altercation, mais dans le but de faire cesser la pluie d'insultes”, assure Guillaume à la barre du tribunal correctionnel ce jeudi. Le maitre d'œuvre réfute pour autant le moindre contact physique et avoir quitté le chantier sans se rendre compte que le carreleur avait été blessé.
“Ce sont des faits graves à ne pas banaliser avec 21 jours d'ITT dans un contexte particulier “, fait valoir Me Aurélie Hoareau en soutien du carreleur constitué partie civile. Elle souligne également le tempérament colérique et irascible du prévenu dans ce dossier.
“Aujourd'hui, on peut refaire l'histoire et tourner autour du pot mais les désaccords et les insultes ne justifient pas la violence”, tance le parquet.
Insistant sur les difficultés du métier, Me Marius Rakotonirina remet en cause la causalité directe entre le préjudice physique et l'altercation.
La robe noire n'a pas été entendue. Guillaume a été reconnu coupable des faits reprochés, “sans contestation possible, les violences commises étant constitutives des blessures de la victime”. Il écope de quatre mois de sursis, devra suivre un stage de citoyenneté à ses frais et indemniser la victime dont le dommage sera évalué lors d'un prochain procès sur intérêts civils.


